Répartition géographique des apports de mercure
les valeurs du coefficient de transfert vont de 0,01 à 0,02 (µg
attribuables aux dépôts atmosphériques
de dépôt de Hg total/km2  • an)/(g émis/an).  Supposons qu’il
existe quelque part dans cette région une source de mercure
Comme on l’a mentionné précédemment, la méthode de
. La signification du coefficient de
émettant 100 g de Hg0
modélisation décrite ici permet d’estimer l’apport de chaque
transfert estimé est que le flux de dépôt de mercure dans le
source répertoriée dans l’inventaire d’émissions (~ 106 000
lac Supérieur attribuable à cette source sera :
entrées différentes, qu’il s’agisse de sources ponctuelles ou
étendues, dans les inventaires américains et canadiens
flux
utilisés) aux divers récepteurs d’intérêt. Les figures 15 à 19
offrent une vue d’ensemble des résultats en montrant la
100 (g Hg0 émis/an)  •  0,01 à 0,02 (µg de dépôt de Hg total/
1.6
répartition géographique de la contribution des différentes
km2  • an)(g Hg0 émis/an)
sources de mercure aux dépôts atmosphériques reçus par
chacun des Grands Lacs.
1 à 2 (µg de dépôt de Hg total/km2  • an)
On remarque que le dépôt de mercure dans chaque lac
L’apport de mercure par les retombées atmosphériques en
provient de partout dans la région, et que même des sources
provenance de cette source imaginaire, pour l’ensemble de la
éloignées peuvent être responsables d’une part considérable
superficie du lac Supérieur, se calcule en multipliant le flux
de retombées. Par exemple, il semble que des fractions
par la superficie du lac.
importantes du mercure déposé dans chacun des Grands
Lacs soient imputables à des sources situées aussi loin qu’en
dépôt
Floride. La répartition géographique des sources contribuant
de façon significative au dépôt de mercure varie quelque peu
flux • superficie
d’un lac à l’autre, comme on peut s’y attendre, puisque les
cinq lacs ne sont pas situés exactement au même endroit et
1 à 2 (µg de dépôt de Hg total/km2 • an)  •  81 200 (km2)
que le degré d’industrialisation et d’urbanisation n’est pas le
même dans chacun des bassins. On peut noter par exemple
81 200 à 162 400 (µg de dépôt de Hg total/an)
que des sources situées à l’ouest du lac Supérieur dans un
rayon d’environ 1 000 km contribuent fortement au dépôt
0,08 à 0,16 (g de dépôt de Hg total/an)
de mercure dans ce plan d’eau, mais que, en comparaison,
cette région est responsable d’une moins grande partie des
Ainsi, on estime que les 100 g de Hg0  émis par la source au
dépôts atmosphériques reçus par les autres lacs, ceci pour
cours d’une année produiront un dépôt de 0,08 à 0,16 g de
deux raisons : l’accroissement de la distance entre la source
mercure total (c’est-à-dire toutes formes de mercure confon-
et le lac ainsi que la présence de sources ponctuelles et
dues) dans le lac Supérieur. Étant donné que la source émet
étendues relativement importantes aux alentours. En ce qui
100 g/an, 0,08 à 0,16 correspond également au pourcentage
concerne les apports au lac Michigan, la région de Chicago
d’émissions déposées à cet endroit.
ressort du tableau, en raison de la quantité considérable
d’émissions qui y sont produites et de sa proximité au lac.
La démarche ci-dessus montre, de manière simplifiée,
Cette région en particulier semble prendre une grande part
comment la méthode de modélisation combine les coeffi-
au dépôt de mercure dans les autres lacs également. Le lac
cients de transfert et les données sur les émissions. Dans la
Érié et le lac Ontario semblent recevoir une très grande
pratique, la multiplication des données des inventaires
quantité de retombées en provenance de la vallée de la rivière
d’émissions par les coefficients de transfert se fait de façon
Ohio, encore une fois parce que cette zone est une grande
numérique pour chaque forme de mercure émise par
émettrice et qu’elle est plus près de ces lacs que des autres.
chacune des sources. Le résultat de cette procédure est une
En général, les sources situées en territoire américain
estimation de l’incidence, sur chacun des Grands Lacs, des
semblent contribuer davantage au dépôt atmosphérique dans
retombées atmosphériques imputables à chacune des sources
chacun des lacs que les sources se trouvant du côté canadien
apparaissant dans l’inventaire des émissions.
de la frontière.
La répartition géographique des apports de mercure est
1.6.3
Résultats de la modélisation
illustrée sur un autre mode à la figure 20, oť sont représentés
les émissions et les apports en fonction de la distance à
Dépôt atmosphérique global dans les Grands Lacs
chaque lac. En ce qui concerne le lac Supérieur et le lac
Huron, une part importante du dépôt atmosphérique
La quantité globale de mercure déposée (kg/an) et le flux
provient de sources situées dans un rayon de 200 à
global de ce polluant (g/km2  • an) dans chacun des Grands
1 500 km d’eux. Pour ce qui est des autres lacs, les apports
Lacs, tels qu’estimés par modélisation, sont présentés aux
proviennent en plus grande partie de sources moins éloi-
figures 13 et 14, respectivement, en ce qui concerne le dépôt
gnées, mais la quantité de mercure issue de sources situées à
humide et le dépôt sec. On voit que les deux types de dépôt
moyenne et longue distances est quand même considérable.
paraissent importants. Il semble que le lac Michigan reçoive la
plus grande quantité de dépôts atmosphériques, tandis que le
flux de dépôt le plus élevé serait associé au lac Érié.
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