incertitudes particulièrement importantes. Comme on en
50 km dans la région des Grands Lacs, et 100 km dans le
discute tout au long du présent chapitre, chaque forme de
reste du pays. Les 473 mailles de 50 km et les 1 140 mailles
mercure connaît un sort différent dans l’atmosphère, après
de 100 km comportaient chacune à peu près 22 sources
son émission. En conséquence, les relations entre sources et
étendues en moyenne. De la même façon que dans le cas de
récepteurs dépendent énormément du profil d’émissions
l’inventaire des émissions aux États-Unis, on a considéré que
associé à chacune des sources, et la précision des analyses par
l’emplacement des sources étendues était central, mais cette
modèle du mercure atmosphérique s’accroîtrait s’il existait des
fois à chacune des mailles. On croit qu’il n’y a eu que très
données meilleures et plus nombreuses sur ce polluant.
peu, voire pas du tout, de changements significatifs dans les
émissions de mercure au Canada entre 1995 et 1996
Seules les émissions anthropiques produites pendant l’année
(Niemi, 2001). On a donc tenu pour acquis que l’inventaire
ou les années de référence par les sources canadiennes et
de 1995 était représentatif des émissions enregistrées au
américaines ont été explicitement prises en compte dans
Canada en 1996.
l’analyse. D’après d’autres applications de modèles, il semble-
rait que la contribution des sources d’autres pays au dépôt
Dans le but de donner un aperçu de l’inventaire utilisé dans
atmosphérique de mercure dans les Grands Lacs représenterait
le cadre de cette analyse, on présente à la figure 7 la
entre 13 % (Shannon et Voldner, 1995) et ~ 20 % (Dastoor,
répartition géographique des émissions anthropiques de
2003, communication personnelle) des retombées totales, et
mercure totales répertoriées aux États-Unis et au Canada
l’on prévoit prendre prochainement en compte cette contribu-
dans ledit inventaire. On trouve à la figure 8 les émissions
tion dans la méthode de modélisation à l’aide de HYSPLIT_4
annuelles, pour les deux pays, ventilées par catégorie de
dont il est question ici.
sources et, aux figures 9 et 10, les émissions annuelles par
habitant. La relative importance de la combustion de
D’importantes incertitudes sont associées tant aux inventaires
charbon, aux États-Unis, et des procédés métallurgiques
américains et canadiens qu’à l’utilisation de ces inventaires
(p. ex. la fusion), au Canada, apparaît clairement. Il faut
dans le cadre de la présente analyse par modèle. Certaines
souligner que les émissions attribuables aux procédés
sources potentiellement déterminantes (p. ex. les fours
métallurgiques auxquels on se livre au Canada ont été
électriques à arc) n’étaient pas incluses de façon explicite; de
considérablement réduites ces dernières années.
plus, si les émissions de certaines sources faisaient régulière-
ment l’objet de mesures (p. ex. les centrales électriques au
On a calculé les émissions nationales par habitant sur la
charbon) , ce n’était que rarement le cas pour d’autres, ce qui
base de populations de 265 millions et 30 millions d’habi-
fait que les estimations des émissions annuelles produites par
tants, respectivement, pour les États-Unis et le Canada. Ces
bien des sources sont assorties d’une certaine incertitude.
données proviennent des recensements effectués dans
Comme on ne disposait pas de données sur la fluctuation des
chacun des pays en 1996. Mieux que les simples émissions
émissions dans le temps, on a présumé que toutes les sources
totales, les émissions par habitant permettent de comparer
recensées dans les inventaires émettaient de manière continue
l’apport de mercure imputable aux États-Unis et celui
et constante durant toute l’année. Il s’agit probablement d’une
attribuable au Canada. Si on présente seulement les premiè-
hypothèse raisonnable en ce qui concerne les centrales au
res, les chiffres canadiens paraîtraient très petits par rapport
charbon (qui constituent la catégorie de sources, dans
aux chiffres américains. Le recours aux secondes donne
l’inventaire, responsable de la plus grande quantité d’émis-
peut-être plus de sens aux comparaisons établies entre les
sions); par contre, pour bien d’autres catégories de sources,
deux pays en faisant disparaître l’effet des différences
l’hypothèse est moins valable. Même pour ce qui est des
énormes de populations. On peut convertir à volonté les
sources émettant de façon relativement continue, les inventai-
valeurs par habitant en émissions totales pour un pays
res ne comprenaient pas de données sur les épisodes de
donné grâce à une simple multiplication de ces valeurs par la
maintenance ou d’arrêt des activités attribuables à des
population du pays considéré.
anomalies. Les conditions atmosphériques peuvent être très
variables et avoir un effet considérable sur les relations entre
Contrairement à son homologue canadien, l’inventaire des
sources et récepteurs. Ces fluctuations temporelles compro-
émissions aux États-Unis comprenait des estimations pour
mettent sans aucun doute l’exactitude des concentrations ou
les trois formes de mercure : élémentaire (Hg0), ionique (Hg
des retombées estimées pour un lieu et un moment donnés.
(II)) et particulaire (Hg(p)). En conséquence, les données
Néanmoins, l’analyse portait sur une année entière (et, à
américaines ont été utilisées pour estimer les proportions de
l’origine, des estimations annuelles ont été générées), ce qui
chacune des formes de mercure dans les émissions des
pourrait réduire l’incertitude liée à cette variabilité.
catégories de source correspondantes au Canada. La figure
11 montre le profil moyen des émissions, soit la répartition
Établissement de relations entre les coefficients de
des espèces de mercure dans les émissions appartenant aux
transfert et les données sur les émissions
diverses catégories de sources. Quant à elle, la figure 12
présente les émissions annuelles, pour le Canada et les États-
Pour parachever les travaux de modélisation, il faut relier entre
Unis réunis, de chaque forme de mercure par catégorie de
eux les coefficients de transfert et les inventaires d’émissions
sources. Malheureusement, on ne dispose que de relative-
décrits précédemment. On fera la démonstration de cette
ment peu de mesures quant à la proportion des trois formes
relation par un simple exemple. On note sur la carte des
de mercure dans les émissions de diverses catégories de
coefficients de transfert du Hg0
sources. Cet aspect de l’inventaire comporte donc des
, à la figure 5, une région oť
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