sources, mais leurs résultats ne différaient pas
à la même période. Malheureusement, comme on en discute
plus loin, il n’y avait pas une seule année pour laquelle on
significativement de ceux obtenus en considérant seulement
84 sources. Par conséquent, comme la précédente analyse
disposait d’inventaires d’émissions comparables pour les
des dioxines l’avait révélé, il semble que la procédure
États-Unis et le Canada. Le meilleur compromis auquel on a
d’interpolation fondée sur ces 84 sources produise des
pu arriver a été de choisir 1996 comme année de référence
estimations d’une précision acceptable.
(c’est-à-dire qu’on a fait tourner le modèle avec les données
météorologiques de 1996, et qu’on l’a évalué avec les
données de 1996 sur les concentrations ambiantes). Il
On remarque, sur ces cartes des coefficients de transfert, des
petites zones autour de quelques sources de référence qui
s’agissait donc d’utiliser des inventaires d’émissions qui
semblent être des artéfacts imputables à la procédure
soient autant que possible représentatifs de 1996.
1.6
d’interpolation. Par exemple, sur la carte du Hg(p), à la
figure 5, on voit une petite zone circulaire autour d’une
On a obtenu de l’EPA des États-Unis un inventaire des
source de référence située dans la région centre-nord (dans
émissions de mercure dans ce pays (Ryan, 2001) qui
comprenait les estimations des émissions annuelles de
les territoires du Nord-Ouest, environ 500 km à l’ouest de la
baie d’Hudson). Le fait que cette petite région autour du
mercure par la plupart des sources anthropiques de ce
point de référence paraisse avoir un potentiel de transport
polluant. En ce qui concerne les centrales électriques, les
vers les lacs légèrement plus faible que le secteur qui
incinérateurs de déchets municipaux et les incinérateurs de
l’entoure est probablement le signe d’une petite perte de
déchets médicaux alimentés au charbon, il s’agissait des
précision de la procédure d’interpolation, attribuable au
estimations des émissions pour 1999, tandis que le reste des
données correspondait en principe aux émissions de 1996.
caractère clairsemé de la répartition des points de référence
dans cette région et, peut-être, au fait que cet emplacement
est à la limite du domaine d’application du modèle. On
On a apporté d’autres modifications à l’inventaire pour
pourrait utiliser davantage de points de référence dans les
prendre en compte le fait qu’une catégorie de sources (la
régions de ce type, et étendre le domaine d’application du
combustion de charbon dans les chaudières et dispositifs de
modèle. Ces modifications seraient susceptibles d’améliorer
chauffage d’édifices commerciaux ou industriels et d’institu-
tions) y semblait sous-représentée; en ce qui concerne ce
légèrement la précision des cartes des coefficients de
transfert. Cependant, on n’a pas jugé nécessaire de mobiliser
type de sources, on a plutôt utilisé les données provenant
d’autres ressources informatiques à ces fins puisque les
d’un autre inventaire de l’EPA des États-Unis remontant à
apports de mercure aux Grands Lacs en provenance de ces
1995-1996 (Bullock, 2000; U.S. EPA, 1997). De plus, étant
régions sont négligeables : en effet, dans la région en
donné que les émissions par les incinérateurs de déchets
question, les coefficients de transfert sont relativement bas,
municipaux et médicaux ont été considérablement réduites
aux États-Unis entre 1996 et 1999 (Mobley, 2003), on a eu
et il n’existe pas de sources d’importance.
recours aux données de cet autre inventaire (1995-1996)
Il est à noter que les cartes des coefficients de transfert
pour ces catégories.
présentées ici sont un peu différentes de celles qui accompa-
gnaient les précédentes analyses (p. ex. le Rapport sur les
On a toutefois utilisé les estimations de 1999 pour les
Priorités 1997-99 à la CMI). Auparavant, c’était la fraction
émissions produites par les services publics fonctionnant au
charbon, puisqu’elles avaient été établies à partir d’essais
des émissions du polluant déposées dans tout le lac qui était
cartographiée. Comme les Grands Lacs se distinguent entre
nombreux sur les sources et d’une méthode beaucoup plus
eux par leur taille, il semblait y avoir de grandes disparités
perfectionnée que celles appliquées pour les précédents
dans les coefficients de transfert mais, en fait, il ne s’agissait
inventaires. Il semble que les émissions en provenance des
que d’un effet des différences de superficie. Autrement dit,
chaudières à charbon aient été à peu près pareilles en 1996
sur les cartes précédentes, la taille du lac entrait en ligne de
et en 1999, du moins dans leur ensemble (Mobley, 2003).
compte parce que, toutes proportions gardées, une plus
grande part des émissions en provenance d’un point donné
L’inventaire américain comptait au total 17 513 sources
allaient se déposer dans un grand réceptacle que dans un
ponctuelles discrètes situées à des endroits bien précis.
petit. En ce qui concerne les cartes actuelles, les valeurs ont
Comme il est d’usage en matière d’inventaires d’émissions,
été normalisées selon la taille du lac, ce qui rend les coeffi-
on a négligé l’emplacement de certaines catégories de
cients de transfert représentés indépendants de ce facteur.
sources (p. ex. les sources mobiles, la consommation
domestique de combustibles) et on les a plutôt évaluées à
En suivant la procédure décrite ci-dessous, cependant, on
peut convertir les valeurs représentées sur les cartes
l’échelle du comté. L’inventaire comprenait 52 673 de ces
actuelles pour leur donner la même forme que les valeurs
sources étendues; chacun des 3 141 comtés des États-Unis
des précédentes cartes.
en regroupait en moyenne 17 types. Pour les besoins de
l’analyse par modèle, on a formulé l’hypothèse que ces
Inventaire des émissions de mercure
sources étaient situées au centre du comté considéré.
Dans une analyse de ce genre, idéalement, toutes les
On s’est procuré l’inventaire d’émissions le plus récent pour
données déterminantes, dont les inventaires d’émissions, les
le Canada (Niemi et al., 2001); celui-ci remontait à 1995 et
données météorologiques et les données issues de la
répertoriait 583 sources ponctuelles. Les sources étendues y
surveillance des conditions ambiantes devraient se rapporter
étaient définies selon une grille oť les mailles faisaient
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