du présent rapport, a pour objectif d’essayer d’améliorer la
s’entendent en général pour dire que, dans la plupart des
compréhension de ces processus. Les connaissances que ce
endroits, la composante ascendante des flux d’échange de
projet permettra d’acquérir devraient autoriser des estima-
Hg(II) et de Hg(p) à la surface est plutôt négligeable (c’est-à-
tions plus précises de la part prise par ces phénomènes dans
dire que, pour ces deux formes, le flux net est presque
les Grands Lacs.
toujours dans la direction du dépôt, donc vers le bas; par
conséquent, à des fins de simplification, on choisit, avec
Méthode d’évaluation des relations entre sources
raison, de ne pas tenir compte du flux ascendant de ces deux
et récepteurs
espèces). C’est l’approche qui a été privilégiée dans la
modélisation du mercure atmosphérique dont il est question
On a mis au point une méthode pour établir des relations
ici : seuls les flux descendants de Hg(II) et de Hg(p) ont été
entre les principales sources ponctuelles et étendues de
pris en compte par le modèle.
mercure au Canada et aux États-Unis, d’une part, et le dépôt
1.6
subséquent de ce contaminant dans le bassin des Grands
De plus, pour simplifier le processus de dépôt, on a eu
Lacs, d’autre part; elle consiste à utiliser une procédure
recours à diverses méthodes, dont celle de Bullock (2002) :
d’interpolation (Cohen et al., 2002) pour établir avec
on a formulé l’hypothèse que le dépôt total de mercure
précision les relations entre les sources et les récepteurs. Aux
élémentaire imputable aux émissions anthropiques directes
fins de cette analyse, on a procédé à une modélisation
était plus ou moins contrebalancé par la volatilisation des
explicite par HYSPLIT des émissions d’un nombre limité de
dépôts antérieurs de mercure élémentaire provenant de
sources sélectionnées. L’incidence d’une source quelconque
sources naturelles et anthropiques. Autrement dit, on a posé
sur les Grands Lacs a été évaluée sur la base de la moyenne
en principe que le dépôt net de mercure élémentaire était
pondérée des effets calculés par modélisation explicite pour
nul. Un traitement plus fin de ces phénomènes serait sans
les quatre sources les plus près de la source considérée.
contredit avantageux; malheureusement, la compréhension
limitée qu’on a des processus en jeu et le manque de
Afin de prendre en compte les proportions variables des
données de mesure pour évaluer la justesse des estimations
différentes espèces de mercure dans les émissions en
empêchent d’inclure ces phénomènes dans les analyses.
provenance de diverses sources, on a fait des simulations
Quoi qu’il en soit, comme on en discutera plus loin, la
distinctes des émissions unitaires de Hg(II), de Hg0
capacité de ce modèle et d’autres à expliquer les concentra-
et de
tions ambiantes et le dépôt de mercure prouve que cette
Hg(p) produites par chaque source de référence. L’incidence
approche simplifiée concorde dans une mesure raisonnable
d’une source émettant un mélange de Hg0 , de Hg(II) et de
avec la circulation globale nette du mercure élémentaire
Hg(p) a été estimée d’après la combinaison linéaire de ces
entre l’atmosphère et la surface de la Terre.
simulations. En somme, on a effectué des interpolations tant
au chapitre de la répartition dans l’espace qu’au chapitre de la
Seul le dépôt direct à la surface des lacs a été estimé dans
chimie pour estimer les effets de chaque source inventoriée
cette analyse par modèle. Les retombées atmosphériques
sur chacun des Grands Lacs.
indirectes, soit le mercure déposé dans le bassin d’un lac
donné et subséquemment transporté jusqu’à ce dernier,
Validité de la procédure d’interpolation
n’ont pas été évaluées dans le cadre de la modélisation. Le
bassin des Grands Lacs est plus petit, par rapport à l’étendue
La procédure d’interpolation spatiale et chimique utilisée
de ces nappes d’eau, que celui de bien d’autres lacs; il est
repose sur l’hypothèse que le devenir et le transport atmos-
donc probable que les Grands Lacs reçoivent, toutes
phériques du Hg provenant d’une source donnée ne sont pas
proportions gardées, moins de mercure par voie indirecte
modifiés par les émissions produites par les autres sources.
que nombre d’autres lacs.
De façon générale, on considère cette hypothèse valide pour
les raisons suivantes :
Comme les mesures de l’apport aux lacs par les eaux de
ruissellement et les affluents demeurent peu nombreuses, on
Les concentrations atmosphériques de mercure sont
ne peut estimer que très approximativement la charge de
infimes; elles n’influent donc pas sur les conditions
mercure parvenant aux Grands Lacs par voie indirecte. Qui
météorologiques. Par conséquent, les paramètres
plus est, il est difficile de distinguer la part de cette contribu-
météorologiques tels que la vitesse et la direction du
tion indirecte qui est attribuable au dépôt atmosphérique de
vent, la température, l’humidité, les précipitations, etc.,
celle qui est liée aux rejets directs dans les affluents  ou aux
peuvent être évalués à part, puis fournis au modèle.
sources naturelles de mercure dans l’écosystème. D’après
des mesures faites en 2000, Rolfhus et al. (2003) ont évalué
La plupart des espèces qui réagissent avec les composés
l’apport total des affluents au lac Supérieur à environ 27 %
du mercure (p. ex. le SO2) sont généralement présentes
de la charge totale reçue par ce lac. Landis et Keeler (2002)
en concentrations de beaucoup supérieures à celles de
estiment, en se basant sur des mesures relevées en 1994-
ces derniers. D’autres espèces (p. ex. les radicaux OH)
1995, que l’apport des affluents au lac Michigan représente
réagissent en général avec bien des composés non
16 % de la charge totale dont celui-ci écope. Une fraction de
mercuriels de sorte que, même si elles ne sont présentes
l’apport des effluents serait attribuable aux retombées
qu’en très faibles quantités, leurs interactions avec le
atmosphériques indirectes, mais on n’arrive pas à la quanti-
mercure ne peuvent jouer beaucoup sur leurs concentra-
fier. Le projet METAALICUS, que l’on présente à la section 1.4
tions.
31