des émissions selon les espèces) et de la vitesse des mécanis-
mes d’interconversion, qui varient d’un endroit à l’autre et
avec le temps dans l’atmosphère. Ces mécanismes dépen-
dent d’un certain nombre de facteurs, y compris notamment
de la présence et des concentrations d’autres composés dans
l’atmosphère ayant la capacité d’oxyder ou de réduire le
mercure.
Il importe également que les programmes de surveillance de
1.6
l’air ambiant visent à mesurer chacune des différentes formes
de mercure, mais de telles mesures sont très rares. Cette
lacune est une des nombreuses raisons qui nous empêchent
de bien comprendre les phénomènes liés au mercure
atmosphérique.
Modèle conceptuel des dépôts atmosphériques de
dans une gouttelette, (Seigneur et al., 1998), mais la relation
mercure
des espèces de Hg(II) et de Hg(p) adsorbés n’a pas été
précisée. Le modèle NOAA-HYSPLIT supposait que le Hg(p)
Le modèle conceptuel qui se dégage en ce qui concerne les
est insoluble, mais que le Hg(II) formait des complexes
dépôts atmosphériques de mercure dans le bassin des
réversibles avec la suie dans les gouttelettes aqueuses.
Grands Lacs (et autres plans d’eau) peut se résumer comme
suit (voir par exemple Vette et al., 2002) :
Émissions : spéciation et transformations ultérieures
Les formes Hg(II) et Hg(p) l’emportent généralement
On pense que la plupart des émissions naturelles ou des
pour ce qui est des dépôts secs et des dépôts humides.
réémissions de mercure déposé antérieurement renferment
surtout du mercure élémentaire (p. ex. Schroeder et
Un certain nombre de processus de conversion
Munthe, 1998; Scholtz et al., 2003; Gustin 2003). Les
surviennent dans le lac et une partie du mercure déposé
émissions provenant de nombre des sources anthropiques
est par la suite transformé en méthylmercure, l’espèce la
actuelles qui sont importantes, comme les centrales électri-
plus importante sur le plan environnemental; celui-ci
ques au charbon ou les incinérateurs d’ordures municipales
peut alors s’introduire dans l’écosystème par
ou médicales, renferment souvent un mélange des trois
bioaccumulation.
formes de mercure. Une estimation de la proportion des
diverses formes par rapport aux différents types de source
Dans le lac, une certaine quantité de mercure - qu’on
sera présentée plus loin lorsqu’il sera question de données
pense être en grande partie du Hg0  (Vette et al., 2002) -
particulières sur les émissions.
réside dans la colonne d’eau sous forme dissoute ou
combinée à des sédiments en suspension.
Comme on le sait déjà, chacune des formes précédentes de
mercure peut se transformer en l’autre forme dans l’atmos-
Une partie du mercure déposé dans le lac s’incorpore
phère. Puisque ces réactions sont relativement prolongées et
aux sédiments; elle peut y rester ou se remettre en
compte tenu du fait que le dépôt humide et sec du mercure
suspension ou s’introduire dans le réseau trophique,
élémentaire est un processus relativement inefficace, on
après sa conversion en méthylmercure par les bactéries
pense que la durée de vie dans l’atmosphère de Hg0  est de
présentes dans les sédiments.
l’ordre de 0,5-1 an (p. ex. Tokos et al., 1998) ce qui permet
une distribution mondiale de ces espèces mercurielles. On
Un partie du mercure élémentaire - et potentiellement
trouve dans le monde entier des concentrations de fond
une petite quantité de méthylmercure (Rolfhus et al.,
3
d’environ 1,5 à 2,5 ng/m  dues à cette circulation planétaire,
2003) - qui se trouve dans le lac peut se volatiliser à la
même en l’absence de sources locales.
surface du lac et être transportée dans l’atmosphère vers
d’autres endroits, ce qui représente une perte de
Les autres formes de mercure sont plus facilement sujettes
mercure pour le plan d’eau.
aux mécanismes de dépôt humide et de dépôt sec et leur
durée de vie dans l’atmosphère est généralement de
On pense que cette volatilisation ou cet échange du Hg0
quelques jours à quelques semaines. Les émissions de ces
à la surface du lac serait comparable au phénomène subi
formes de mercure ont donc généralement davantage de
par les BPC et les autres polluants semi-volatils; la
répercussions locales et régionales.
direction et l’ampleur du flux net dépendront de la
température de l’eau et de l’air, de la vitesse du vent et
Étant donné le comportement différent des diverses espèces
d’autres variables météorologiques et aquatiques ainsi
mercurielles pour ce qui est de leur dépôt, il est crucial de
que des concentrations relatives de mercure dans le lac
posséder de bonnes estimations des quantités de chaque
et dans l’air au-dessus du lac.
forme émise par chacune des sources (c.-à-d. des inventaires
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