TABLEAU 3
Concentrations typiques de mercure dans l’air ambiant et temps de séjour des espèces mercurielles
dans l’atmosphère
Concentrations
Constante de la
Échelles temporelle
3
ng/m
loi de Henry
et spatiale
Mercure élémentaire : – Hg0
1 – 3
0,3
Durée de vie planétaire :
des mois à une année
)
0,01 – 0,1
0,00004
Durée de vie locale/régionale :
Mercure bivalent (p. ex. HgCl2
~ 1 – 10 jours
Mercure particulaire – Hg(p)
0,01 – 0,1
Durée de vie locale/régionale :
~ 1 – 10 jours
de mercure a un comportement qui diffère selon qu’elle se
Mercure oxydé Hg(II)
présente sous la forme d’un dépôt humide ou d’un dépôt
sec, et tout modèle atmosphérique réaliste doit prendre en
En phase gazeuse, cette forme de mercure est souvent
considération les possibilités d’interconversion de ces
appelée mercure gazeux réactif. On sait peu de choses des
formes.
espèces qui composent le réservoir de mercure oxydé dans
l’atmosphère, mais le chlorure de mercure (HgCl2) est une
Le mercure élémentaire en phase gazeuse peut être oxydé en
espèce probablement importante. Cette forme de mercure se
Hg(II) par plusieurs agents, y compris l’ozone (O3) (Hall
définit dans une certaine mesure par son comportement
1995), le peroxyde d’hydrogène (H2O2) (Tokos et al., 1998),
dans les appareils de mesure et par son hydrosolubilité et/ou
le chlore (Cl2), (Calhoun et Prestbo, 2001) et le radical
sa volatilité moindre ou sa relative adhérence à certaines
hydroxyle (OH) (Sommar et al., 2001). En phase aqueuse,
surfaces. Le mercure oxydé existe surtout en phase gazeuse
(p. ex. gouttelettes de nuage), il peut être oxydé par
et dans les gouttes d’eau atmosphériques (là oť elles sont
plusieurs espèces oxydantes différentes, y compris l’O3
présentes). Il a aussi une affinité pour la suie dans l’atmos-
(Munthe 1992), le HO-1 (Lin et Pehkonen, 1997), l’acide
phère et il peut être adsorbé à sa surface; il peut également
-1
hypochloreux (HOCl), et l’ion hypochlorite (Ocl ) (Lin et
être associé à cette substance, surtout dans les gouttelettes
Pehkonen, 1998).
aqueuses. Le mercure oxydé ne représente qu’un faible
pourcentage du mercure total dans l’atmosphère.
Il semble également que d’importantes réactions d’oxyda-
tion hétérogènes à médiation halogène jouent un rôle très
Mercure particulaire Hg(p)
appréciable dans le phénomène d’appauvrissement du
mercure à la levée du soleil polaire (Lindberg et al., 2002).
On sait peut-être encore moins de choses des espèces qui
Les mesures de concentrations relativement élevées de
composent le réservoir de mercure particulaire dans
Hg(II) à de hautes altitudes (Landis 2001) laissent supposer
l’atmosphère. Cette forme de mercure est également définie
que ces réactions ou des réactions semblables pourraient
comme la quantité de mercure qui est combiné à des
être importantes dans l’atmosphère supérieure, mais cette
particules dans l’atmosphère. Il ne s’agit pas de particules de
possibilité doit être examinée davantage.
mercure distinctes, mais plutôt d’espèces mercurielles qui se
trouvent à l’intérieur et à la surface de particules atmosphéri-
En outre, le mercure bivalent Hg(II) peut être converti en
ques. L’oxyde de mercure (HgO) pourrait être une espèce
mercure élémentaire (Hg0) par l’acide sulfureux (HSO3-1 ), qui
importante de mercure particulaire, mais ce n’est pas une
est formé en quantités tributaires du pH à partir de dioxyde
certitude. En moyenne, le mercure particulaire est probable-
de soufre  dissous (SO2). On pensait jusqu’à dernièrement
ment moins biodisponible après s’être déposé dans les
que le radical hydropéroxyle (HO2) réduisait également le
écosystèmes. Comme le mercure oxydé, cette forme de
Hg(II), mais les analyses récentes de Gardfeldt et Jonnson
mercure ne représente habituellement qu’un petite propor-
(2003) ont révélé que cette réaction pourrait être beaucoup
tion de la concentration totale de mercure atmosphérique
moins importante qu’on l’avait d’abord cru.
mesurée à la plupart des endroits.
Le comportement chimique de Hg(p) n’est pas bien compris.
Interactions entre les espèces mercurielles et les autres
Ainsi, on ne sait pas au juste quelle est l’étendue de sa
constituants de l’atmosphère
dissolution lorsque la particule devient une gouttelette, et la
solubilité présumée varie selon les divers modèles de chimie
La chimie atmosphérique du mercure est complexe
atmosphérique. De plus, on sait qu’il y a adsorption/
(Ryaboshapko et al., 2002, 2003; Schroeder et al., 1991; Lin
désorption entre le Hg(II) dissous et les surfaces de suie
et Pehkonen, 1999).  Chacune des trois formes précédentes
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