1.3
CONSULTATION RELATIVE AUX EFFETS DU MERCURE SUR LA SANTÉ, 27 FÉVRIER 2002
de consensus, dont les principaux éléments ont été élaborés
1.3.1
Contexte
1.2
et présentés à la conférence même, dans le but de connaître
L
1.3
les points de vue des conférenciers et des participants. Après
a CMI fait du problème de la présence de mercure dans
la conférence, la déclaration a été soumise à l’examen des
le bassin des Grands Lacs une de ses priorités pour le
scientifiques de la Région 5 de l’EPA des États-Unis partici-
cycle 2001-2003, et le Groupe de travail sur la santé de
pant à des activités de réduction des concentrations de
l’écosystème du CCSGL a préparé un plan d’action à ce sujet :
mercure dans le cadre de la Stratégie binationale des
toxiques. Voici la traduction du texte de cette déclaration.
« L’évolution de la toxicologie et de l’épidémiologie a
nécessité la réévaluation des risques que pose l’exposition au
mercure. On craint que les concentrations dans les Grands
1.3.2
Déclaration de consensus issue de l’atelier
Lacs demeurent assez élevées pour causer des effets sur le
de la Commission mixte internationale
développement des nourrissons. Le mercure compte parmi les
substances toxiques auxquelles la Commission mixte interna-
Sources et puits de mercure
tionale s’intéresse depuis longtemps au titre de l’Accord relatif
à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Il faut, de concert
Le mercure présent dans l’environnement du bassin des
avec d’autres éléments de l’organisation, fournir des conseils à
Grands Lacs provient de nombreuses sources anthropiques à
la CMI concernant la situation courante. Č [Traduction]
l’échelle locale, régionale et mondiale (U.S. EPA, 1997a).
Ces sources ont pour effet de hausser les concentrations de
En fonction de ce plan, le Groupe de travail sur la santé de
mercure au-delà de celles attribuables aux sources naturel-
l’écosystème a mené une consultation relative aux effets du
les. Une fois que le mercure est entré dans l’environnement,
mercure sur la santé à sa réunion du 27 février 2002. Les
il est soumis à un cycle continu dans la biosphère entre la
participants à la réunion ont discuté des faits relatifs au lien de
Terre, l’atmosphère et l’eau. Dans les sédiments, ce métal
causalité entre la paralysie cérébrale et l’exposition au mercure
peut être converti en méthylmercure et subit une
et à l’association avec les empoisonnements au méthylmercure
bioamplification jusqu’à des concentrations toxiques dans la
observés à Minamata et en Iraq, tout comme d’autres effets
chaîne alimentaire (U.S. EPA, 1997a; National Research
neurologiques de cette exposition (National Research Council,
Council, 2000). Le mercure n’a aucune valeur biologique.
2000; ATSDR, 1999). Dans les parties du programme de la
réunion portant sur les problèmes de données (les hospitalisa-
Des évaluations plus approfondies des apports de mercure
tions répétées par exemple), les problèmes statistiques et les
selon les sources et la spéciation du mercure, en particulier
problèmes liés aux différents facteurs étiologiques, ils ont
celui provenant de sources atmosphériques, aideront à
également discuté des diverses limites de l’approche adoptée
mieux comprendre les contributions du mercure et de
par Santé Canada. La consultation a débouché sur un consen-
mieux cibler les activités de réduction des concentrations.
sus, à savoir qu’il faut pousser la recherche avant de tirer des
Néanmoins, il existe de puissantes techniques basées sur la
conclusions certaines quant au lien possible entre les cas de
combinaison de la modélisation et du suivi qui peuvent
paralysie cérébrale recensés dans les secteurs préoccupants au
servir à estimer la contribution des sources de mercure aux
Canada et l’exposition au mercure.
effets sur les récepteurs en milieu aquatique (Cohen, 2001).
Pour recueillir l’information la plus récente sur la toxicité du
L’utilisation de ces techniques a permis de constater que la
mercure, le CCSGL a également tenu, à Windsor, en Ontario,
combustion du charbon semble être la principale source,
les 26 et 27 février 2003, une conférence sur la pollution par
non réglementée, du mercure qui se dépose dans le bassin
le mercure et la santé humaine dans le bassin des Grands Lacs.
des Grands Lacs (Cohen, 2001). Environ 20 % des charges
Parmi les conférenciers invités, il y avait des spécialistes du
de mercure mesurées dans le bassin proviennent de sources
mercure reconnus mondialement. Cette conférence, organisée
extérieures au Canada et aux États-Unis; il faudra toutefois
en collaboration avec le CCIQA et le Groupe de travail des
recueillir davantage d’information sur les émissions de
professionnels de la santé, avait pour but d’examiner les
mercure à l’échelle mondiale pour accroître la fiabilité des
sources et les puits dans différents milieux, l’exposition de
estimations de ces charges (Dastoor, 2003; Cohen, 2001).
sous-populations critiques, les effets et les mesures correctives
Par conséquent, une coopération internationale, comme
possibles selon une approche écosystémique.
celle qui a permis de lutter efficacement contre les
chlorofluorocarbures nocifs, s’impose si l’on veut protéger
Un groupe de sept scientifiques du domaine de la santé, dont
les ressources en eau dans la région des Grands Lacs.
deux membres du CCSGL, ont été chargés de consigner les
conclusions de la conférence et de préparer une déclaration
17