Commission mixte internationale (CMI)
Plus d’un siècle de coopération pour la protection des eaux communes

La Commission mixte internationale appelle à une amélioration de la surveillance du mercure atmosphérique dans la région des Grands Lacs

2015/12/03

La Commission mixte internationale (CMI), préoccupée par le manque constant de financement de nombreux sites de surveillance, recommande dans un rapport publié aujourd’hui que les gouvernements du Canada et des États-Unis assurent un financement stable à long terme pour surveiller les dépôts de mercure atmosphérique dans la région des Grands Lacs. La Commission craint que les concentrations de mercure dans les poissons des Grands Lacs n’augmentent actuellement en certains endroits, ou qu’elles n’augmentent au fil des ans dans certaines espèces de poissons en raison de l’accroissement important de la combustion du charbon en Asie.

« Si nous voulons nous assurer que les poissons des Grands Lacs demeurent une source de nourriture saine, qui ne diminue pas la capacité de nos enfants d’utiliser pleinement leurs cerveaux, nous devons mieux surveiller les dépôts de mercure », a déclaré Lana Pollack, présidente de la Section américaine de la CMI. « Pour atteindre l’objectif de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs visant la consommation de poissons exempts de contaminants préoccupants, il faudra investir davantage dans la surveillance. »

« La Commission exhorte à la vigilance continue afin que l’on comprenne mieux l’ampleur des dépôts de mercure à la lumière d’une augmentation possible des dépôts à long terme dans les Grands Lacs », a déclaré Benoit Bouchard, commissaire canadien de la CMI. « Cela signifie qu’il faut un financement durable et adéquat de la surveillance. »

Le mercure, un métal toxique, est naturellement présent dans le charbon. Comme beaucoup d’autres contaminants, il peut être transporté à de grandes distances, traverser les océans et les continents depuis sa source d’émission et ainsi polluer des écosystèmes lointains. Une fois déposé dans ces écosystèmes, le mercure peut se transformer en méthylmercure, une forme qui présente des risques pour la santé humaine. Des effets sur les fonctions cognitives, y compris la mémoire, l’attention, le langage, la motricité fine et les capacités spatiales visuelles, ont été observés chez les enfants qui ont été exposés au méthylmercure dans l’utérus.

Les émissions de mercure au Canada ont diminué de 85 % entre 1990 et 2010. Aux États-Unis, elles ont diminué d’environ 60 % entre 1990 et 2005. Bien que ces améliorations soient louables, la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis a estimé, dans un rapport publié en 2011, que la Chine (14 %) se classait au deuxième rang derrière les États-Unis (32 %) en termes de contribution aux dépôts de mercure dans le bassin des Grands Lacs, et que la contribution d’origine étrangère augmente. Pour tenir compte du contexte mondial toujours changeant des émissions de mercure, la Commission juge qu’il est important de financer la modélisation pour faciliter l’analyse des sources géographiques des dépôts de mercure dans les Grands Lacs.

Environ 50 sites de surveillance des dépôts humides de mercure répartis en quatre réseaux ont été exploités dans les États des Grands Lacs et en Ontario de 1996 à 2010. En 2013, 20 de ces sites n’étaient plus en fonctionnement. Bien que les membres du Lake Michigan Air Directors Consortium (LADCO) reçoivent des fonds temporaires pour soutenir un réseau de surveillance du mercure atmosphérique dans les Grands Lacs, un engagement fédéral à long terme pour financer la surveillance des deux côtés de la frontière s’impose, affirme la Commission dans un rapport publié aujourd’hui. Elle estime qu’il en coûterait annuellement environ 250 000 $ pour exploiter un réseau de surveillance adéquat, avec un financement supplémentaire pour les sites de surveillance de l’Ontario.

Par ailleurs, la Commission félicite les gouvernements américain et canadien pour avoir signé en 2013 la Convention de Minamata, un traité mondial qui engagera les parties à contrôler et à réduire les émissions de mercure quand il entrera en vigueur une fois ratifié par 50 pays. La Convention est nommée d’après la ville de Minamata, au Japon, où l’exposition au mercure industriel dans les années 1950 avait causé des malformations congénitales et autres déficiences chez des enfants.

La Commission a encouragé les deux gouvernements fédéraux à poursuivre les actions mondiales visant à réduire d’autres contaminants qui atteignant les Grands Lacs à partir de sources lointaines, y compris certains produits chimiques interdits aux États-Unis et au Canada, mais encore en usage ailleurs.

 

La Commission mixte internationale a été créée en vertu du Traité relatif aux eaux limitrophes de 1909 pour aider les États-Unis et le Canada à prévenir et résoudre les conflits sur l’utilisation des eaux limitrophes aux deux pays. Ses responsabilités comprennent la production de rapports sur les progrès réalisés en vertu de l’Accord sur la qualité de l’eau dans les Grands Lacs conclu entre les deux pays afin de restaurer et de préserver l’intégrité chimique, physique et biologique des Grands Lacs et de leurs réseaux hydrographiques reliés.

Pour en savoir plus sur les dépôts atmosphériques de mercure dans les Grands Lacs, nous vous invitons à consulter le rapport complet disponible ici.

Pour de plus amples informations : 

Nick Heisler

Ottawa

613-992-8367

heislern@ottawa.ijc.org

Frank Bevacqua

Washington

202-736-024

bevacquaf@washington.ijc.org