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Inondations et incendies dans la région du lac Osoyoos

IJC admin | 2017/11/21

Par Kevin Bunch, CMI

 


En raison de fortes précipitations et d’une fonte des neiges intense d’avril à juin, les collectivités de la région du lac Osoyoos, situées à la frontière entre l’état de Washington et la Colombie‑Britannique, ont dû faire face à de graves inondations printanières, qui ont entraîné indirectement des risques accrus de feux de forêt, en raison de la croissance accrue des plantes.

Le manteau neigeux hivernal en amont autour du lac Okanagan était relativement faible durant la première partie de l’année, selon Brian Symonds, membre de la Section canadienne du Conseil international de contrôle du lac Osoyoos, et le Conseil s’attendait à une saison printanière assez normale, comme au début du mois de mars. Par la suite, les chutes de neige dans les montagnes ont fait augmenter la quantité de neige à des niveaux plus élevés que la normale en avril, et ont été accompagnées d’une période de pluies, du mois de mars jusqu’au mois de mai, ailleurs dans le bassin versant.

« Prenez un endroit comme Penticton, en Colombie‑Britannique, où les précipitations sont mesurées depuis 1909. La période du mois de mars jusqu’au mois de mai a été la plus pluvieuse jamais enregistrée » mentionne Symonds, également directeur retraité du ministère des Forêts, des Terres et des Ressources naturelles de la Colombie‑Britannique [British Columbia Ministry of Forest, Lands and Natural Resources – (MFLNR)].

Le déversoir du barrage Zosel a été inondé durant les crues du système du lac Osoyoos en mai et en juin, et a été recouvert par les eaux. Mention de source : Brian Symonds
Le déversoir du barrage Zosel a été inondé durant les crues du système du lac Osoyoos en mai et en juin, et a été recouvert par les eaux. Mention de source : Brian Symonds

Les températures chaudes du mois de mai ont contribué à accélérer la fonte des neiges, faisant augmenter la quantité d’eau dans le système, indique Symonds ; cette fonte s’est terminée en grande partie à la fin de la première semaine de juin.

La fonte a entraîné l’augmentation du niveau d’eau dans le système du lac Okanagan et au sud de la rivière Okanagan, dans le lac Osoyoos, fait savoir Sue McKortoff, membre de la Section canadienne du Conseil et maire de la ville d’Osoyoos. Le barrage Zosel, situé en aval du lac Osoyoos, peut aider à contrôler le niveau d’eau du lac, mais à partir du début de mai, toutes les vannes étaient ouvertes et l’eau s’écoulait tant bien que mal.

Dans le cas des villes entourant les lacs Osoyoos et Okanagan, les inondations ont nécessité l’intervention du gouvernement. McKortoff mentionne que le Centre des opérations d’urgence a fourni des sacs et du sable aux résidents situés plus près du secteur riverain, et que le ministère de la Gestion des urgences de la Colombie‑Britannique a coordonné la distribution et l’élimination des sacs de sable. Le ministère des Forêts, des Terres et des Ressources naturelles de la Colombie‑Britannique a apporté une aide en fournissant de l’équipement, notamment une machine permettant de remplir les sacs de sable. Le personnel de la ville a aidé les résidents âgés en apportant des sacs de sable à leur résidence, même si la majorité de ces personnes étaient capables de les remplir au besoin. Les entrepreneurs de gestion des déchets municipaux ont convenu de ramasser les sacs de sable et de les éliminer de façon utile, par exemple pour la construction de nouvelles routes dans la zone avoisinant le site d’enfouissement.

À la rampe de mise à l’eau du parc commémoratif des anciens combattants, à Oroville, dans l’État de Washington, au début de juin, le niveau d’eau atteint en raison des inondations était assez élevé pour qu’il soit difficile de mettre une embarcation à l’eau. Mention de source : Brian Symonds
À la rampe de mise à l’eau du parc commémoratif des anciens combattants, à Oroville, dans l’État de Washington, au début de juin, le niveau d’eau atteint en raison des inondations était assez élevé pour qu’il soit difficile de mettre une embarcation à l’eau. Mention de source : Brian Symonds

« Au moment où le niveau des inondations était le plus élevé, la ville a aussi fermé ses rampes de mise à l’eau et a organisé une campagne pour demander aux gens d’être conscients de la façon dont l’utilisation de leur bateau à moteur pouvait entraîner des dommages dans les zones inondables, »a‑t ‑elle ajouté.

« Le niveau d’eau du lac Osoyoos a atteint un sommet de 914,8 pieds (278,8 mètres) au‑dessus du niveau de la mer vers les 2-3 juin, ajoute Symonds, ce qui est supérieur aux valeurs moyennes estivales de 911,5 à 921 pieds (277,88 à 280,7 mètres) au‑dessus du niveau de la mer. »

Les précipitations ont eu un effet secondaire qui s’est fait sentir durant l’été avec le manque subséquent de précipitations, qui a entraîné un risque d’incendie. Symonds indique que le printemps humide a favorisé la croissance d’un couvert abondant de plantes herbacées. De juillet à septembre, les précipitations ont été pratiquement nulles, la végétation des sous‑bois a séché, fournissant ainsi du combustible supplémentaire et accroissant le risque d’incendie.

McKortoff indique que le personnel de la ville d’Osoyoos a dû rediriger ses efforts : d’abord lutter contre les inondations, puis mettre l’accent sur la prévention des incendies et leur propagation hors contrôle. Des restrictions sur l’utilisation de l’eau ont été imposées en 2016 pour assurer la disponibilité des ressources en cas d’embrasement, et elles ont été maintenues cette année. À ce jour, aucun incendie important n’a été déclenché dans le bassin sud de la rivière Okanagan, fait savoir McKortoff, bien qu’il y ait eu beaucoup de fumée provenant des feux dans la région Caribou.

« Nous sommes passés à un extrême à l’autre, ajoute‑t ‑elle ».

Voir aussi : « Leçons tirées des inondations et mesures d’atténuation du passé de la CMI ».

Kevin Bunch est rédacteur spécialiste des communications au bureau de la Section américaine de la CMI à Washington, D.C.

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