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Études sur les inondations, plans de régularisation et rapport annuel sur les activités de la CMI

IJC admin | 2017/08/14

Par Kevin Bunch, Commission mixte internationale

 

 

Selon le rapport annuel sur les activités publié tout récemment, la Commission mixte internationale (CMI) a occupé son temps de l’année 2016 à se pencher sur de nouvelles politiques et recommandations en vue d’aider les gouvernements à s’adapter et à se préparer aux situations futures, en raison des tendances indiquant des modifications aux régimes de précipitations et une hausse des températures et une amplification des sécheresses dans les régions chevauchant la frontière du Canada avec les États‑Unis.

Des travaux de gestion de l’eau étaient en cours dans le bassin de la rivière à la Pluie l’an dernier. Le Groupe d’étude international sur les courbes d’exploitation du lac à la Pluie et du lac Namakan a continué d’examiner le comportement des courbes d’exploitation de ce bassin, qui sont utilisées depuis l’année 2000, et de déterminer si elles doivent être modifiées. Les courbes d’exploitation sont des exigences réglementaires auxquelles les gestionnaires de l’eau répondent pour maintenir le niveau des eaux dans certaines limites, pendant une période donnée de l’année. Lorsque les courbes d’exploitation de l’année 2000 ont été acceptées, la responsabilité a incombé à la CMI de les évaluer 15 ans plus tard.

Jusqu’ici, les courbes d’exploitation se comportent exactement comme prévu. La réserve d’eau du lac Namakan devient abondante plus tôt, ce dont profitent l’écosystème et les entreprises locales. À l’été 2016, la CMI a tenu des consultations publiques dans la région afin de recueillir des données locales et, parallèlement à ses propres études, le Groupe d’étude a proposé quelques recommandations à présenter aux gouvernements. Une autre ronde d’audiences publiques est prévue du 16 au 18 août, associée à une période de consultation publique en ligne qui durera jusqu’au 1er septembre 2017, puis la Commission prendra sa décision finale. Le Conseil du bassin du lac des Bois et de la rivière à la Pluie a également publié un rapport sur la qualité de l’eau qui révèle que les concentrations de nutriments, dont le phosphore, dans l’eau et les sédiments ont dépassé les niveaux d’alertes de la CMI.

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Pam Tomevi, membre du Groupe d’étude international sur les courbes d’exploitation du lac à la Pluie et du lac Namakan, pendant son exposé lors d’une consultation publique sur les premiers résultats du Groupe d’étude. Source : Commission mixte internationale

En 2016, la CMI a également composé avec les contrecoups d’une année 2011 pluvieuse dans toute la région transfrontalière. En ce qui concerne le bassin du lac Champlain et de la rivière Richelieu, la CMI a reçu l’aval des gouvernements pour former un groupe d’étude ayant pour but d’examiner les mesures d’atténuation des inondations dans ce bassin, groupe qui devra formuler des recommandations d’ici 2021. Ensuite, le groupe d’étude examinera les causes, les mesures d’atténuation possibles et les impacts possibles sur le réseau hydrographique. Il s’agira de travaux qui s’ajouteront aux travaux réalisés en 2015, desquels ont découlé des outils préliminaires de prévision des inondations ayant pour but d’aider les décideurs à planifier et à se préparer en vue d’éventuelles inondations dans la région. Ce groupe d’étude a tenu sa première réunion au milieu de janvier.

En ce qui a trait au bassin de la rivière Souris, un groupe a travaillé sur un plan de gestion adaptative en cas d’inondations importantes semblables à celles de 2011, bien que l’année 2016 ait été une année de sécheresse dans la région. Il ne s’agit cependant pas du seul endroit où l’on cherche à s’adapter et à se préparer en cas d’éventuels phénomènes météorologiques extrêmes. En juin, la CMI a établi un groupe de travail sur le cadre de lutte contre les changements climatiques visant à aider les groupes d’étude à se préparer à des modifications sur le plan des précipitations, de la température et du climat, en se fondant sur les besoins et les mandats locaux. Dans cette préparation, on compte améliorer les méthodes utilisées pour échanger des renseignements et déterminer quelles responsabilités du groupe d’étude seront les plus touchées par les changements climatiques. Les travaux de ce projet sont en cours. Même si un cadre de travail est établi, les groupes d’étude examineront régulièrement les incidences attendues pour mettre à jour leurs plans de gestion adaptative.

L’une des nouvelles initiatives les plus grandes de la CMI continue d’avoir un effet sur les Grands Lacs inférieurs. Les gouvernements fédéraux du Canada et des États‑Unis ont convenu en 2016 de mettre en œuvre un nouveau plan de régularisation pour le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent appelé Plan 2014. Le plan, signé en décembre et entré en vigueur en 2017, modifie les débits d’eau provenant du lac Ontario dans le but d’améliorer les conditions environnementales et récréatives sur les rives du lac et du fleuve – et, du même coup, de remettre en état environ 26 000 hectares (64 000 acres) de milieux humides. D’autres risques d’inondation ont été négligeables comparativement au plan précédent (1958DD), bien qu’avec les pluies abondantes et les cycles de gel-dégel non propices à la formation de la glace, le Plan 2014 ait connu un départ cahoteux au printemps 2017 quand le niveau maximal des eaux du lac Ontario a fracassé un record. Même si les inondations qui ont eu lieu le long des rives du lac Ontario et jusqu’à Montréal s’étaient produites alors que l’ancien plan de régularisation était en vigueur, certains résidants et politiciens ont accusé le Plan 2014.

Également pour la région des Grands Lacs, un atelier sur la pollution par les microplastiques a eu lieu à Windsor (Ontario), en avril 2016, dans le but de recueillir des commentaires de scientifiques et de membres de la collectivité. Des recommandations ont été formulées par les commissaires au début de l’année 2017.

À la CMI, la commissaire de la section américaine Dereth Glance a démissionné en septembre pour aller occuper, dans l’État de New York, le poste de directrice exécutive de la Resource Recovery Agency du comté d’Onondaga. Pendant ses cinq années en poste à la CMI, Mme Glance a insisté pour aborder les questions de la qualité de l’eau et de la quantité d’eau comme une question unique de gestion et plaidé pour la poursuite des travaux d’harmonisation des données entre les organismes canadiens et américains, indiquant au passage que les bassins hydrographiques doivent être gérés de manière holistique et que les gestionnaires ont besoin de la meilleure information possible.

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Commissaires et employés visitant les régions situées sur les rives de la rivière Richelieu et du lac Champlain qui ont été inondées en 2011, dans le cadre d’une mission d’observation en 2016, peu avant que les gouvernements acceptent de constituer un Groupe d’étude quinquennal sur le lac Champlain et la rivière Richelieu. Source : CMI

Kevin Bunch est un rédacteur spécialiste des communications au bureau de la section américaine de la Commission mixte internationale à Washington, D.C.

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