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La fonte printanière apporte de l’eau et des menaces d’inondation à l’extérieur des Grands Lacs

IJC admin | 2017/05/17

Kevin Bunch, CMI

 

 

À mesure que l’hiver cède sa place au printemps, les cours d’eau sur la frontière canado-américaine reçoivent un afflux d’eau fraîche, connu sous le nom de crue printanière, lorsque de l’eau pénètre dans le réseau fluvial à la suite de la fonte de la neige et des chutes de pluie. Cette année, les bassins gérés ou surveillés par la CMI connaissent de forts débits d’eau et des risques d’inondation depuis le centre du continent jusqu’à la côte ouest.

Dans les bassins hydrographiques de la région transfrontalière, la fonte de la neige et la pluie printanière augmentent les niveaux d’eau et les débits. Image : CMI
Dans les bassins hydrographiques de la
région transfrontalière, la fonte de la neige et la pluie printanière augmentent les niveaux d’eau et les débits. Image : CMI

Bien qu’il soit question dans les manchettes d’inondations majeures dans le lac Ontario et le fleuve Saint‑Laurent, les conditions sont différentes ailleurs dans le réseau transfrontalier ce printemps.

Les niveaux d’eau dans la rivière Rouge et ses affluents – situés au Minnesota, dans le Dakota du Nord et au Manitoba – étaient en baisse le 11 avril, alors que les gestionnaires de l’eau travaillaient à garder les niveaux plus bas à Winnipeg tout en maintenant l’eau à son débit naturel ou légèrement inférieur à celui-ci en amont de leur structure de contrôle. Environnement et Changement climatique Canada et le National Weather Service des États-Unis s’attendent à des précipitations supérieures à la moyenne dans la rivière Rouge. Compte tenu de ces précipitations élevées et des taux d’humidité du sol égaux ou supérieurs à la moyenne, les prévisionnistes dans le Dakota du Nord estiment qu’il y a 50 % de chances que les niveaux d’inondation soient comparables à ceux de 2006, et 25 % de chances qu’ils soient comparables à ceux de 2009. Des inondations ont déjà été signalées.

La National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis encourage les collectivités dans le nord du Dakota du Nord à se préparer à des inondations modérées à majeures le long de la rivière Souris. La dernière inondation, photographiée ci-dessus à Minot, a eu lieu en 2011. Photo : North Dakota State Water Commission
La National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis encourage les collectivités dans le nord du Dakota du Nord à se préparer à des inondations modérées à majeures le long de la rivière Souris. La dernière inondation, photographiée ci-dessus à Minot, a eu lieu en 2011. Photo : North Dakota State Water Commission

Des précipitations supérieures à la moyenne sont également prévues dans le bassin de la rivière Souris, à la suite d’un automne humide. Le Conseil international de la rivière Souris a déclaré en février que les conditions donnaient lieu à un risque d’inondation, en prévision des problèmes à venir, ce qui a donné l’autorisation à l’Army Corps of Engineers (corps de génie de l’armée) des États‑Unis de gérer les niveaux d’eau du côté des États-Unis – la rivière traverse la Saskatchewan, le Dakota du Nord et le Manitoba. En amont en Saskatchewan, les précipitations durant l’automne étaient de 160 à 280 % supérieures à la normale de septembre à novembre. Les chutes de neige étaient égales ou inférieures à la moyenne dans le cours supérieur de la rivière Souris, mais bien supérieures à la moyenne dans le cours inférieur, près de la frontière du Dakota du Nord. Lorsque la crue de la Saskatchewan a pris fin, les réservoirs étaient au niveau d’inondation ou près de celui-ci.

Dans le Dakota du Nord, des inondations locales ont lieu le long du bras est de la rivière Souris et de ses affluents, en raison de l’épais manteau neigeux et du dégel tardif qui y ont été constatés comparativement au bras ouest. Malgré que toutes les vannes soient ouvertes dans les structures de gestion de l’eau et les barrages, les inondations ont endommagé des routes et des ponceaux dans le bras est de la rivière Souris. Des inondations ont aussi été signalées le long de la rivière Souris au Manitoba. Si les conditions météorologiques demeurent normales, il y a un risque d’inondation en aval de Minot selon les représentants provinciaux. Des précipitations élevées pourraient aggraver le risque d’inondation.

Le lac Osoyoos en Colombie-Britannique et à Washington devrait présenter des niveaux d’eau assez moyens avec la fonte des neiges. Photo : Pat Strosahl
Le lac Osoyoos en Colombie-Britannique et à Washington devrait présenter des niveaux d’eau assez moyens avec la fonte des neiges. Photo : Pat Strosahl 

Le débit et le niveau des eaux dans le bassin du lac des Bois et de la rivière à la Pluie, situé en Ontario, au Minnesota et au Manitoba, ont été élevés au cours des mois d’hiver et demeurent élevés actuellement. Plus particulièrement, dans les bassins de la rivière à la Pluie et du lac Namakan, les niveaux d’eau sont élevés, mais sont encore dans les limites des courbes d’exploitation établies par la CMI aux fins de la gestion des eaux.

La situation s’apparente à la normale à l’extrémité ouest du continent. Dans les bassins des rivières St. Mary et Milk dans le Montana et en Alberta, les débits sont moyens ou inférieurs à la normale. En avril, le Conseil international de contrôle du lac Osoyoos n’a trouvé aucun signe justifiant de déclarer une sécheresse dans le cours d’eau transfrontalier en Colombie-Britannique et à Washington, étant donné que les niveaux d’eau sur le lac se situent dans les limites des courbes d’exploitation. Le secteur du lac Kootenay a reçu d’importantes accumulations de neige et précipitations durant l’hiver et au printemps, ce qui a fait en sorte que les niveaux d’eau dans la rivière Kootenay – qui traverse le Montana, l’Idaho et la Colombie-Britannique – ont augmenté en mars avant une fonte de neige potentiellement importante; certains champs agricoles ont été inondés au Canada et aux États-Unis au printemps.

À l’extrémité est du continent, dans la rivière Sainte-Croix dans le Maine et au Nouveau-Brunswick, les débits d’eau étaient près des moyennes à long terme au début de 2017, avec une pointe à la mi-avril, principalement en raison de la fonte de la neige et des précipitations accrues. Il s’agit d’une différence marquée par rapport aux conditions prolongées de faible débit observées en 2016. Des inondations ont aussi été signalées autour du lac Champlain à New York et au Vermont, bien que les niveaux d’eau élevés sur la rivière Richelieu n’aient pas occasionné de signalement d’inondation au Québec.

Kevin Bunch est rédacteur spécialiste des communications au bureau de la Section américaine de la CMI à Washington, D.C.

 

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