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Préparé pour Changement climatique dans la région transfrontalière

IJC admin | 2017/05/17

Par Kevin Bunch, CMI

 

 

La diffusion d’information est un outil de préparation employé pour faire face aux changements climatiques dans la zone s’étendant depuis le bassin du fleuve Columbia (en anglais seulement) à l’ouest, jusqu’au bassin du fleuve St. Croix (en anglais seulement) à l’est. La CMI travaille à l’élaboration d’un cadre d'orientation sur les changements climatiques afin d’aider ses conseils à préparer l’avenir. L’objectif est d’aider à déterminer de quelle manière les conseils peuvent lutter contre les changements climatiques dans le cadre de leur mandat, de quelles données ils disposent, desquelles ils ont besoin, et, quels sont les changements auxquels les bassins hydrographiques pourraient faire face individuellement au cours des prochaines décennies.

Selon le directeur de la section canadienne Sciences et ingénierie de la CMI,  M. Pierre-Yves Caux, chaque conseil doit être en mesure de prendre des décisions fondées sur ses lignes directrices. Certains conseils gèrent les débits d’eau dont bénéficient les utilisateurs de l’eau. D’autres conseils se préoccupent davantage de la qualité de l’eau. Afin de prendre des décisions éclairées, de proposer un changement réglementaire ou de faire des recommandations, les conseils doivent disposer de renseignements à jour et pertinents basés sur les meilleures données scientifiques et locales existantes.

Si la tendance suggère qu’un bassin pourrait être sujet à des crues printanières (en anglais seulement) plus importantes, à une prolifération d’algues accrue ou à un risque plus grand d’inondations estivales par exemple, les conseils et les gestionnaires de l’eau souhaiteraient adapter leur réglementation et leurs plans pour tenir compte de ces résultats. Cependant, pour ce faire, ils doivent d’abord obtenir des renseignements afin de comprendre les tendances et les risques ainsi que les conséquences qui pourraient être engendrées.

Les inondations le long de la rivière Souris, comme celle de juin 2011 près de Minot dans le Dakota du Nord que l’on voit ici, pourraient se produire plus fréquemment au cours des prochaines décennies sous l’effet des changements climatiques. Source : US Army Corps of Engineers
Les inondations le long de la rivière Souris, comme celle de juin 2011 près de Minot dans le Dakota du Nord que l’on voit ici, pourraient se produire plus fréquemment au cours des prochaines décennies sous l’effet des changements climatiques. Source :
US Army Corps of Engineers

En ce moment, les conseils des bassins hydrographiques recueillent les données par l’entremise des projets l'Initiative internationale sur les bassins hydrographiques (IIBH) de façon ponctuelle, affirme M. Caux. Une fois complété, ce cadre permettra d’établir une façon plus systématique de recueillir des renseignements quant aux vulnérabilités face aux changements climatiques déterminées par certains conseils. Si un des conseils souhaite évaluer la vulnérabilité d’un réseau pour vérifier l’effet des changements climatiques sur la pêche et la faune, les niveaux d’eau, les répercussions sur le mode de vie traditionnel des Premières Nations ou des tribus locales, il pourrait développer des indicateurs particuliers pour ces domaines - comme les habitudes de frai des poissons, les précipitations ou les récoltes de riz sauvage – afin d’en assurer le suivi et d’entretenir un système de collecte des données en continu ou ponctuel.

« Il faut mettre l’accent sur les vulnérabilités de votre système », indique M. Caux. « On n’essaie pas de recueillir des renseignements dans tous les domaines. On doit concentrer les efforts sur les vulnérabilités et les aspects préoccupants en termes de bassin hydrographique. »

Dans le cadre de l’Initiative, il faut d’abord chercher à comprendre de quelle façon le système réagit aux changements climatiques, connaître l’éventail de certaines incertitudes et résultats possibles et se servir de la climatologie pour contribuer à informer les chercheurs lorsqu’ils analysent les données recueillies. Comme les conseils collaborent avec les collectivités locales, les organisations et intéressés, le fait de posséder une bonne base de référence de données exactes pour compléter ces connaissances est vital afin d’élaborer des plans et de prendre des décisions. « Il faut des années pour bâtir une telle base de référence, affirme M. Caux, quelque chose comme de 10 à 20 ans. »

De plus, comme le changement climatique est un processus continu, les conseils voudront continuer à recueillir des renseignements et apporter des corrections en cours s’ils font face à des résultats inattendus – un printemps futur anormalement sec pourrait laisser place à une tendance plus humide par exemple. Le cadre proposé comprend des pratiques de gestion adaptive qui accordent aux conseils la flexibilité nécessaire pour adapter leurs plans opérationnels en cas de besoin.

Enfin, le cadre proposé suggère la création d’une plateforme d’information afin d’aider les conseils à partager les données, les solutions et l’expertise. Ainsi, les conseils pourraient faire des échanges en matière d’expertise, faire une mise à jour continue de leurs recherches et activités, et trouver des liens ou établir des comparaisons avec d’autres bassins hydrographiques.

Le CMI a tenu un atelier multiconseils au mois de mai afin de discuter du cadre de lutte contre les changements climatiques, d’obtenir de la rétroaction et de déterminer les manières possibles de mettre en œuvre la proposition.

La crue printanière absorbe habituellement l’eau de la fonte des neiges qui se retrouve dans les importants réseaux hydrographiques tels que le fleuve Columbia, qui reçoit l’eau du ruisseau Murphy, ici montré, en Colombie-Britannique. Les changements climatiques pourraient cependant réduire la quantité de neige et la vitesse de la fonte. Source : urbanworkbench
La crue printanière absorbe habituellement l’eau de la fonte des neiges qui se retrouve dans les importants réseaux hydrographiques tels que le fleuve Columbia, qui reçoit l’eau du ruisseau Murphy, ici montré, en Colombie-Britannique. Les changements climatiques pourraient cependant réduire la quantité de neige et la vitesse de la fonte. Source : urbanworkbench

Kevin Bunch est un rédacteur et spécialiste des communications pour la section américaine de la CMI dont les bureaux se situent à Washington (D.C.).

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