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L’impact du manteau neigeux se fait ressentir tout au long de l’année

IJC admin | 2017/05/17

Par Kevin Bunch, CMI

 


Pour les utilisateurs d’eau de l’ouest du Canada et des États-Unis, le volume et le taux de fonte du manteau neigeux hivernal – en particulier dans les montagnes – est un indicateur fiable des apports d’eau durant le reste de l’année, ce qui a des incidences sur l’écosystème, l’agriculture, l’irrigation et les communautés tout au long du parcours de l’eau.

Dans le secteur du lac Osoyoos, situé dans le bassin du fleuve Columbia entre l’État de Washington et la Colombie-Britannique, le manteau neigeux est extrêmement important pour ce qui est d’assurer l’approvisionnement suffisant en eau pendant tout l’été, selon Mme Anna Warwick Sears, directrice générale de l’Okanagan Basin Water Board et membre de l’International Osoyoos Lake Board of Control de la CMI.

Mme Sears indique que la quantité de neige qui tombe en montagne équivaut à un autre lac immense qui relâche graduellement de l’eau dans le réseau en contrebas, ce qui accorde une grande souplesse dans la gestion de l’eau plus tard au cours de l’année.

Le manteau neigeux en montagne est une importante source de débits dans les bassins hydrographiques de l’Ouest grâce à la présence de la chaîne des montagnes Rocheuses. Source : Tinker & Rove
Le manteau neigeux en montagne est une importante source de débits dans les bassins hydrographiques de l’Ouest grâce à la présence de la chaîne des montagnes Rocheuses. Source :
Tinker & Rove

Bien qu’un été pluvieux puisse aider à réduire les besoins en eau d’irrigation, lorsqu’il s’agit de la gestion de réseaux hydrographiques, Mme Sears dit qu’il est également « essentiel » de relâcher graduellement l’eau de fonte des neiges qui se déverse dans les cours d’eau au printemps et au début de l’été. La fonte rapide des neiges signifie qu’une plus grande quantité de l’eau produite peut être perdue avant qu’elle soit nécessaire. La plus forte demande en eau survient à la fin de l’été et au début de l’automne, lorsque la demande en eau d’irrigation est élevée et que les saumons reproducteurs entrent dans les cours d’eau.

« Le lac Okanagan, en Colombie-Britannique, régule en grande partie les niveaux d’eau dans le lac Osoyoos, et les précipitations, sous forme de pluie ou de neige, les déterminent, a jouté Mme Sears. La gestion du barrage à Penticton est un autre aspect de la régulation des niveaux d’eau; si la neige fond très rapidement et que les niveaux d’eau dans le lac deviennent trop élevés, les exploitant du barrage doivent libérer de l’eau afin d’éviter que le lac Okanagan déborde. »

Il s’ensuit que moins d’eau s’accumule derrière le barrage, eau que les exploitants vont libérer au cours des mois d’été. En règle générale, la neige ne fond pas complètement avant la fin du mois de juin mais, certaines années, comme en 2016, elle peut disparaître avant la fin du mois de mai, a ajouté Mme Sears. L’Okanagan Water Basin Board et les gestionnaires des eaux considèrent un volumineux manteau neigeux qui fond suffisamment lentement pour être géré efficacement comme constituant la situation idéale.

Un hiver pluvieux n’est pas d’une grande aide non plus. Les exploitants du barrage ne peuvent pas laisser les niveaux d’eau dans le lac Okanagan s’élever au-dessus d’un certain point parce que les collectivités locales pourraient être inondées, a précisé Mme Sears. L’eau qui serait autrement retenue sous forme de neige est plutôt libérée dans le lac Osoyoos et le fleuve Columbia simplement parce que la pluie n’offre pas la marge de manœuvre accordée par le stockage sous forme de neige.

La fonte des neiges contribue également à assurer des débits stables pour la production d’énergie hydroélectrique, selon la National Environmental Education Foundation. Plus de 40 % de l’énergie hydroélectrique des États-Unis provient de barrages aménagés dans la région américaine du Nord-Ouest du Pacifique, et de tels barrages aménagés en Colombie-Britannique produisent environ 90 % de l’électricité de la province.

Vers l’est du pays, le manteau neigeux devient de moins en moins un indicateur fiable des débits au cours de l’année, selon Jeff Woodward, gestionnaire du programme hydrométrique au bureau de la Saskatchewan d’Environnement et Changement climatique Canada et membre du conseil des agents régulateurs des rivières St. Mary et Milk et du Conseil international de la rivière Souris.

Le manteau neigeux en montagne est un bon indicateur des débits dans la rivière St. Mary, un cours d’eau d’origine montagneuse qui s’écoule du Montana en Alberta, mais de moins en moins pour la rivière Milk, ses tributaires est et la rivière Souris. La rivière Souris s’écoule de la région des Prairies de la Saskatchewan en Dakota du Nord et au Manitoba, alors que les tributaires est de la rivière Milk s’écoulent de la Saskatchewan en Alberta et au Montana. Un canal relie les rivières St. Mary et Milk, de sorte que le manteau neigeux hivernal joue toujours un rôle dans l’approvisionnement du bassin de la rivière Milk.

L’eau de fonte des neiges qui s’écoule dans le lac Okanagan finit par se retrouver dans le lac Osoyoos et le fleuve Columbia. Source : Naturalflow
L’eau de fonte des neiges qui s’écoule dans le lac Okanagan finit par se retrouver dans le lac Osoyoos et le fleuve Columbia. Source :
Naturalflow

Que ce soit attribuable aux changements climatiques ou à un changement dans le cycle de l’eau à long terme, la tendance du manteau neigeux hivernal dans les bassins ouest n’a pas été positive. Selon l’Environmental Protection Agency des États-Unis, les tendances indiquent non seulement que le volume du manteau neigeux diminue, mais qu’il fond également plus tôt. La situation se compliquera donc pour les gestionnaires de l’eau au cours des prochaines années puisqu’ils devront assurer qu’il y ait assez d’eau pour l’agriculture, les gens et les écosystèmes.

Le manteau neigeux ne contribue pas autant aux débits de la rivière Souris que les précipitations et l’état du sol, en raison de la rapidité de la fonte des neiges dans la région. Source : Dano
Le manteau neigeux ne contribue pas autant aux débits de la rivière Souris que les précipitations et l’état du sol, en raison de la rapidité de la fonte des neiges dans la région. Source :
Dano

Kevin Bunch est rédacteur spécialiste des communications au bureau de la Section américaine de la CMI à Washington, D.C.

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