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Les gestionnaires des eaux du bassin de l’Okanagan sonnent l’alarme car les moules zébrées approchent!

IJC admin | 2017/02/21

Par Kevin Bunch, CMI

 


Depuis qu’elles ont été détectées dans les Grands Lacs en 1988, les moules zébrées et les moules quagga ont continué de se répandre vers l’Ouest; de plus, elles ont récemment envahi les voies navigables du Montana. Comme ces espèces pourraient avoir des incidences économiques et écologiques sur l’important bassin sensible du fleuve Columbia – situé dans le nord‑ouest du Pacifique – les gestionnaires des eaux sont de plus en plus inquiets et essaient d’empêcher l’introduction de ces bivalves à coquille dure.

Le Okanagan Basin Water Board (OBWB) (Conseil du bassin versant de l’Okanaga) − CBVO est très préoccupé, signale Anna Warwick Sears, Ph. D., directrice administrative et membre de la section canadienne du Conseil international de contrôle du lac Osoyoos de la CMI.

Sears souhaite que les États‑Unis et le Canada prennent des mesures plus vigoureuses dans tous les États et les provinces de l’Ouest pour veiller à ce que les propriétaires de bateaux ne répandent pas accidentellement ces créatures destructrices qui peuvent s’accrocher aux bateaux et à d’autres embarcations et survivre jusqu’à un mois dans l’eau d’un tapis mouillé ou dans l’eau de cale, à leur stade larvaire microscopique. Même si la province invite les propriétaires de bateaux à suivre les procédures visant à nettoyer, à éliminer l’eau et à assécher (« clean, drain and dry ») dans leur bateau et leur équipement, les larves de ces moules peuvent survivre, même dans l’eau d’un tapis mouillé, jusqu’à une ou deux semaines, ce qui limite l’efficacité de ces procédures.

Les représentants officiels du bassin de l’Okanagan, en Colombie‑Britannique, se préoccupent de plus en plus de la présence des moules zébrées et des moules quagga, car ces espèces envahissantes continuent de se propager vers l’Ouest. Mention de source : AndrewEnns
Les représentants officiels du bassin de l’Okanagan, en Colombie‑Britannique, se préoccupent de plus en plus de la présence des moules zébrées et des moules quagga, car ces espèces envahissantes continuent de se propager vers l’Ouest. Mention de source :
AndrewEnns

Selon James Littley, gestionnaire des opérations et des subventions du CBVO, les bateaux représentent le vecteur le plus important de la moule zébrée et constituent donc la première source de préoccupation. La Colombie‑Britannique mène un programme d’inspection pilote depuis les deux dernières années pour vérifier les bateaux et les mettre en quarantaine ou les décontaminer, si les facteurs de risque sont suffisamment élevés. Au cours de l’été 2016, les stations d’inspection permanentes et itinérantes ont permis de détecter la présence de moules dans 17 bateaux qui ont été remorqués. Même s’il s’agit d’un nombre assez faible d’embarcations, comparativement aux milliers de bateaux qui sillonnent la province à partir de l’Alberta et des États américains chaque année, il n’en faut qu’un seul pour introduire des moules dans un lac.

Si les moules envahissaient les voies navigables dans le bassin de l’Okanagan, alors un sérieux coup serait porté à l’économie. Sears mentionne que les villages et les communautés du bassin ont une industrie de la navigation et du tourisme, et que si des moules étaient découvertes dans une voie navigable, comme le lac Osoyoos, il pourrait être mis en quarantaine, ce qui empêcherait l’accès des bateaux en provenance de ce cours d’eau et vers ce dernier. Il faut dépenser annuellement des millions de dollars pour éliminer les moules de l’infrastructure des centrales électriques et des prises d’eau dans les secteurs envahis par les moules, car il est bien connu qu’elles s’attachent aux canalisations, aux turbines des moteurs et à d’autres équipements et les obstruent. Les responsables du bassin de l’Okanagan procèdent actuellement au rétablissement de la pêche au saumon − une composante vitale de la culture des Premières Nations et des peuples autochtones dans la région – et les répercussions des moules sur le réseau alimentaire pourraient aussi nuire à ces efforts.

Il n’existe actuellement aucune méthode d’élimination pratique des moules dans les eaux – si elles sont présentes dans un lac ou dans un autre plan d’eau, alors elles peuvent l’infester, ainsi que tout secteur en amont ou en aval, et il est pratiquement impossible de s’en débarrasser. Des pesticides sont utilisés dans des systèmes fermés; des expériences sont en cours pour mettre à l’essai ces substances dans le lac Minnesota et le lac Winnipeg, où on a utilisé de la potasse pour vérifier la sécurité et l’efficacité de ce traitement.

Une moule indigène et en voie de disparition, Lampsilis higginsi, recueillie dans le fleuve Mississippi, est recouverte de minuscules moules zébrées envahissantes. Mention de source : US Fish and Wildlife Service
Une moule indigène et en voie de disparition, Lampsilis higginsi,
recueillie dans le fleuve Mississippi, est recouverte de minuscules moules zébrées envahissantes. Mention de source : US Fish and Wildlife Service

En plus du programme des inspections de la Colombie‑Britannique, qui comprend maintenant cinq stations permanentes et trois équipes mobiles, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a entrepris la formation de son personnel pour que les employés posent des questions appropriées et effectuent des inspections de base sur les bateaux. Malheureusement, Littley mentionne qu’il n’existe aucune norme universelle d’application de la loi à l’intérieur de l’ASFC, et par conséquent, tandis que les inspections effectuées aux stations de l’Okanagan connaissent un certain succès, d’autres stations ne sont peut‑être pas aussi efficaces en raison de contraintes de temps.

Littley signale que le gouvernement fédéral américain et les États du Pacifique nord‑ouest ont versé des fonds de contrepartie pour améliorer les inspections dans le bassin du fleuve Columbia par le biais de l’Army Corps of Engineers des États-Unis. Il estime qu’il serait utile que le gouvernement canadien fasse de même avec les provinces de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie‑Britannique, qui, estime-t-on, n’ont pas encore été infestées par les moules zébrées.

Le CBVO a lancé ses propres initiatives pour accroître la sensibilisation à la présence des moules envahissantes, à leurs incidences attendues sur le bassin d’Okanagan et aux mesures visant à protéger les eaux du secteur en publiant des renseignements sur le site Web DontMoveAMussel.ca. Ce site comprend de l’information sur les moules, les dangers qu’ils représentent pour les écosystèmes indigènes, les moyens d’empêcher leur propagation et des mises à jour concernant les moules dans le bassin de l’Okanagan.

Les voies navigables dans le bassin sont déjà aux prises avec d’autres espèces envahissantes, notamment, la mye asiatique, qui a déjà été retrouvée dans les secteurs américains du bassin, bien qu’elle n’ait pas été signalée dans les secteurs canadiens du bassin. Contrairement à la moule zébrée, la mye asiatique n’a pas d’incidence grave sur les infrastructures humaines, mais a des répercussions sur les écosystèmes, car elle nuit au réseau alimentaire. Néanmoins, les moules zébrées et les moules quagga dangereuses et prolifiques n’ont pas besoin de cette aide pour ravager l’écosystème local.

Kevin Bunch est un rédacteur spécialiste des communications au bureau de la Section américaine de la Commission mixte internationale (CMI) à Washington, D.C.

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