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Le Conseil du lac Kootenay s’attend à un débit hivernal accru en raison du changement climatique

IJC admin | 2017/02/01

Par Kevin Bunch, CMI

 

 

En raison du changement climatique, le Conseil international de contrôle du lac Kootenay s’attend à des hausses des débits hivernaux non régularisés dans les années à venir. Cela pourrait entraîner des défis pour le maintien des niveaux d’eau aux niveaux cibles, ou sous ces derniers, dans le lac, qui se trouve en Colombie-Britannique tout juste au nord de la frontière de l’État de Washington. Les études montrent un potentiel accru d’hivers plus chauds et humides avec plus de tempêtes ainsi que des effets potentiels sur le débit entrant.

Les projections indiquent que l’accumulation et la fonte de la neige connaîtront d’ici 2040 plus de variabilité sur les plans de la quantité, du moment et de vitesse, selon la secrétaire de la Section américaine du Conseil Sara Marxen et le scientifique du changement climatique Chris Frans, qui sont tous les deux des ingénieurs dans le district de Seattle du US Army Corps of Engineers.

Lac Kootenay. Source de la photo : Gwyn Graham Lac Kootenay. Source de la photo : Gwyn Graham

Le Lawrence Livermore National Laboratory en Californie prévoit des hausses du débit hivernal et de la température dans le bassin entre décembre et février. Cela signifie que le débit qui entre dans le bassin serait à son maximum plus tôt que dans le passé, ce qui met de la pression sur le Conseil en vue de prévenir les dépassements des niveaux d’eau maximums du lac à la fin de l’hiver fixés par la CMI.

Le Conseil est chargé de surveiller l’exploitation du barrage Corra Linn par FortisBC, qui constitue le principal mécanisme de contrôle du niveau d’eau du lac. Le resserrement du chenal dans la rivière Kootenay à Grohman Narrows restreint également le débit d’eau sortant naturellement du lac Kootenay et joue un rôle dans ses niveaux d’eau.

Conformément aux ordonnances de la CMI de 1938, le Conseil doit exercer une surveillance pendant une période d’abaissement de janvier à avril jusqu’à ce que les températures mènent aux conditions de hausse printanière du lac Kootenay. Le Conseil surveille ensuite un abaissement calculé des niveaux de l’eau tout au long de l’été, et surveille les niveaux de l’eau durant une période de stockage en automne et au début des mois d’hiver.

Les membres du Conseil ont eu un aperçu potentiel de l’avenir en 2015, quand le bassin de la rivière a reçu une « quantité décente » de neige qui a fondu très tôt dans l’année, a déclaré Mme Marxen. Selon les données du programme PRISM de l’Oregon State University, les températures en 2015 du côté américain étaient de 2 à 4 degrés Fahrenheit (1 à 2 °C) plus chaudes que la moyenne historique. Selon les renseignements provenant du Pacific Climate Impacts Consortium, la Colombie-Britannique a connu une chaleur record en hiver et au printemps avant un refroidissement en août, ainsi que des précipitations supérieures à la normale.

Selon Mme Marxen, les projections dans les modèles laissent également croire que le bassin pourrait recevoir plus de précipitations sous la forme de pluie plutôt qu’en neige durant les décennies à venir. Selon la modélisation, le bassin pourrait connaître des températures moyennes plus élevées de 5 à 15 degrés Fahrenheit (3 à 8 degrés °C) d’ici 2100. Ces chiffres sont basés sur la moyenne de 1980 à 2010, et dépendent de la réussite des efforts mondiaux visant à réduire les gaz à effet de serre, a-t-elle déclaré.

Un changement des régimes de précipitations pourrait perturber les plans de régulation établis depuis longtemps. Même si une pleine analyse des effets potentiels n’a pas été effectuée, les débits naturels accrus en hiver pourraient rendre plus difficile l’abaissement du niveau du lac sous son niveau cible maximum au plus tard le 1er avril, a déclaré Mme Marxen. Si le lac dépasse cette cible, la crue printanière – moment où la fonte de la neige et les précipitations apportent une grande quantité d’eau – pourrait faire que le niveau d’eau maximal du lac sera plus élevé et sera atteint plus tôt.

Le potentiel de ce niveau d’eau maximum plus élevé met en évidence la raison pour laquelle des procédures de gestion adaptative doivent être en place pour éviter des inondations locales le long de la rivière et près du lac, a déclaré Gwyn Graham, secrétaire de la Section canadienne du Conseil et gestionnaire de la gestion des eaux transfrontalières à Environnement et Changement climatique Canada. Le lac est touché également par le débit entrant régulé provenant de l’exploitation des barrages Libby et Duncan, a déclaré Mme Marxen. Selon la façon dont ces exploitants de barrage s’adaptent aux conditions de l’eau, les gestionnaires de l’eau du lac Kootenay pourraient obtenir des résultats différents concernant le niveau de l’eau.

Le barrage Corra Linn est la principale façon dont les niveaux d’eau du lac Kootenay sont touchés, en contrôlant les débits sortants du lac. Source de la photo : Jeffrey Werner
Le barrage Corra Linn est la principale façon dont les niveaux d’eau du lac Kootenay sont touchés, en contrôlant les débits sortants du lac. Source de la photo :
Jeffrey Werner

Ces derniers mois, les membres du Conseil ont discuté des implications possibles de ces projections liées au changement climatique. Le site Web du Conseil présente des liens et de l’information pertinente. D’autres études sur le bassin du fleuve Columbia sont en cours aux États-Unis (mise à jour de l’étude du River Management Joint Operating Committee [RMJOC]) et au Canada (mise à jour d’une étude de BC Hydro) jusqu’en 2018 et comprennent des évaluations hydrologiques du bassin, a déclaré Mme Marxen. Le Conseil va effectuer un suivi de ces études afin de recueillir des renseignements supplémentaires pour les plans futurs.

Kevin Bunch est rédacteur spécialiste des communications au bureau de la Section américaine de la CMI à Washington, D.C.

 

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