Commission mixte internationale (CMI)
Plus d’un siècle de coopération pour la protection des eaux communes
Abonnez-vous pour recevoir des notifications de nouveaux articles.
Abonnez-moi
Go Back

La pause printanière sur les Grands Lacs n’est pas une partie de plaisir pour la Garde côtière canadienne et la Garde côtière américaine

IJC admin | 2015/04/01

Par le 9th District External Affairs de la Garde côtière américaine

 

 

Les Grands Lacs ont connu des hivers historiques au cours des deux dernières années, avec des conditions climatiques semblables à celles de l’Arctique qui se sont prolongées. Bien que des chutes de neige et une couverture des glaces supérieures à la moyenne soient généralement bonnes pour les niveaux d’eau des lacs, le froid et les vents incessants ont produit des conditions de glace qui n’avaient pas été observées dans les Grands Lacs depuis le milieu des années 1990.

La vague de froid et de neige qui a frappé les Grands Lacs en octobre 2013 et en novembre 2014 a en effet constitué un signe avant‑coureur de ce qui suivrait pour la Garde côtière américaine et la Garde côtière canadienne. La glace produite durant la période hâtive de froid extrême en novembre 2013 et en janvier 2015 a posé problème aux équipes des garde‑côtes et des aides à la navigation des deux pays car elles ont dû se hâter pour remplacer les bouées classiques par des balises d’hiver plus robustes. Lorsque les travaux de remplacement ont été terminés, les baliseurs ont changé d’activité pour se concentrer sur le déglaçage.

L’opération binationale de déglaçage sur les lacs Michigan et Supérieur, le détroit de Mackinac et le secteur de Sault St. Marie est connue sous le nom d’Opération Taconite. L’Opération Coal Shovel gère les activités de déglaçage dans les lacs Huron et Érié, y compris dans les rivières Détroit et Sainte‑Claire qui les relient, ainsi que dans le lac Ontario et la Voie maritime du Saint‑Laurent.

Le premier maître de 1re classe Nick Gould, le maître de 1re classe Dwayne Matthews et le maître de 3e classe Angelo Barnett se tiennent debout sur le lac Huron gelé; à l’arrière‑plan, on voit le navire à moteur Capt. Henry Jackman et le garde‑côte Bristol Bay, le 10 février 2015. Dans le cadre de l’Opération Coal Shovel, l’équipage du garde‑côte Bristol Bay a brisé la glace pour libérer le navire Jackman et l’a aidé en direction nord. Source : photographie de la Garde côtière américaine, prise par le premier maître de 1re classe Nick Gould.
Le premier maître de 1re classe Nick Gould, le maître de 1re classe Dwayne Matthews et le maître de 3e classe Angelo Barnett se tiennent debout sur le lac Huron gelé; à l’arrière‑plan, on voit le navire à moteur Capt. Henry Jackman et le garde‑côte Bristol Bay, le 10 février 2015. Dans le cadre de l’Opération Coal Shovel, l’équipage du garde‑côte Bristol Bay a brisé la glace pour libérer le navire Jackman et l’a aidé en direction nord. Source : photographie de la Garde côtière américaine, prise par le premier maître de 1re classe Nick Gould.

La Garde côtière canadienne a établi un centre des glaces à Sarnia (Ontario), qu’on appelle centre des glaces de Sarnia. Le centre des glaces de Sarnia fonctionne de concert avec le Ice Navigation Center de la Garde côtière américaine. Les deux organismes coordonnent les activités de déglaçage dans les Grands Lacs en vertu du traité intitulé Accord de déglaçage Canada – États‑Unis sur les Grands Lacs.

Les gardes côtières des deux pays travaillent aussi en étroite collaboration avec la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent et la Saint Lawrence Seaway Development Corp. des États‑Unis, dans le cadre de la planification des opérations de déglaçage printanier sur la voie maritime et les Grands Lacs.

L’équipage du garde‑côte Bristol Bay brise les glaces au large d’Ashtabula (Ohio), le 19 février 2015. Le garde‑côte Bristol Bay a rencontré des glaces d’une épaisseur de 8 à 10 pieds dans le lac Érié et des sarrasins, qui donnent un paysage morcelé, d’une épaisseur de 5 à 6 pieds. Source : photographie de la Garde côtière américaine, prise par le Capc John Henry.L’équipage du garde‑côte Bristol Bay brise les glaces au large d’Ashtabula (Ohio), le 19 février 2015. Le garde‑côte Bristol Bay a rencontré des glaces d’une épaisseur de 8 à 10 pieds dans le lac Érié et des sarrasins, qui donnent un paysage morcelé, d’une épaisseur de 5 à 6 pieds. Source : photographie de la Garde côtière américaine, prise par le Capc John Henry.

Durant les deux derniers hivers, la formation rapide de la glace dans le nord des Grands Lacs a eu une incidence immédiate sur la circulation maritime, parce que les navires océaniques ont dû faire vite pour terminer leur dernier voyage et quitter les lacs avant la fermeture de la voie maritime. Les lacquiers américains et canadiens ont eu peine à terminer leur dernier trajet avant que ferment les écluses de Sault Ste. Marie à la mi‑janvier 2015, ce qui a mis fin à la saison de navigation une grande partie de la flotte nationale des deux pays. En plus des travaux de mise en cale sèche et d’entretien des navires désarmés prévus au calendrier, plusieurs lacquiers ont dû être réparés en raison des dommages à la coque causés par les glaces au cours des deux derniers hivers.

Même si la saison est déclarée « fermée », certains navires continuent à naviguer sur les Grands Lacs durant l’hiver pour transporter les produits essentiels que sont les sels de voirie, le mazout de chauffage et le charbon dans l’ensemble de la région. De tels déplacements nécessitent habituellement des escorteurs durant une grande portion des voyages. Il est commun de devoir aider directement des navires bloqués par les glaces.

Les deux derniers hivers ont fait que les Grands Lacs ont été presque gelés pour plus de 90 % du temps durant l’hiver 2013‑2014 et plus de 85 % du temps cet hiver. Fait à noter, seul le lac Ontario a résisté au gel.

Autant dire que la débâcle printanière de cette année sera un défi pour l’industrie du transport maritime américaine, canadienne et étrangère, ainsi que pour les entreprises qui dépendent de la livraison de matières premières et d’autres marchandises. En l’absence d’une période de réchauffement prolongée, la Garde côtière américaine et la Garde côtière canadienne devront affronter des conditions extrêmement difficiles, voire bien pires que celles des dernières années.

En prévision de conditions difficiles, le recours à de nombreux gardes‑côtes sera probablement nécessaire pour briser les glaces et maintenir les voies navigables essentielles et, dans certains cas, escorter les navires dans les parties gelées des lacs. Il est donc probable que le nombre de convois augmente. De plus, il se peut que les brise-glaces commerciaux, qui, en temps normal, libèrent des glaces de nombreuses zones portuaires et les voies navigables qui les relient, n’arrivent pas à le faire cette année, ce qui pourrait faire augmenter la charge de travail des gardes côtières.

En plus des problèmes de déglaçage, le dégel qui accompagne le temps chaud fera probablement augmenter le risque d’inondation côtière. Les épisodes d’inondation s’ajoutent à la demande pour la flotte de déglaçage, car cette dernière doit porter secours aux victimes des inondations, ce qui a une incidence sur le système de transport maritime.

Une autre conséquence d’une période de glaces prolongée et difficile sera le retard dans la réinstallation des aides à la navigation qui ont été enlevées à l’automne. Il est prévu que des navires multimissions serviront de brise‑glaces jusqu’en avril, c’est‑à‑dire beaucoup plus tard qu’à la date où ils passent d’habitude à leur rôle de baliseurs.

À la lumière de tous ces faits, la Garde côtière américaine et la Garde côtière canadienne vous demandent d’être patients et collaborateurs ce printemps, parce que les équipages travaillent aussi fort et aussi vite que possible pour ouvrir systématiquement les voies navigables qui constituent le système de transport maritime des Grands Lacs.

Le garde‑côte Bristol Bay se trouve au milieu du lac Érié alors que son équipage prend une courte pause de ses tâches de déglaçage menées dans le cadre de l’Opération Coal Shovel, le 8 mars 2015. L’équipage du Bristol Bay et le navire Griffon de la Garde côtière canadienne escortent le navire à moteur Algoma Hansa sur le lac Érié gelé. Source : photographie de la Garde côtière américaine, prise par le premier maître de 1re classe Nick Gould.
Le garde‑côte Bristol Bay se trouve au milieu du lac Érié alors que son équipage prend une courte pause de ses tâches de déglaçage menées dans le cadre de l’Opération Coal Shovel, le 8 mars 2015. L’équipage du Bristol Bay et le navire Griffon de la Garde côtière canadienne escortent le navire à moteur Algoma Hansa sur le lac Érié gelé. Source : photographie de la Garde côtière américaine, prise par le premier maître de 1re classe Nick Gould.

0 Responses to La pause printanière sur les Grands Lacs n’est pas une partie de plaisir pour la Garde côtière canadienne et la Garde côtière américaine