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Nous avons les connaissances scientifiques – il faut maintenant passer à l’action pour éliminer les algues dans le lac Érié

2014/02/28

Personnel de la CMI

 

 

Nous l’avons déjà fait, et nous pouvons le refaire.

Nous parlons de la résurgence, et des causes, des récentes proliférations d’algues dans le lac Érié, qui est le moins profond des Grands Lacs.


Prolifération d’algues en septembre 2009 sur la rive sud‑est de l’île Pelée, dans le lac Érié (Ontario), au Canada, à 5 milles au nord de la frontière internationale. Photo : Tom Archer/Michigan Sea Grant. 

Les gens ont contribué au retour de cette menace verte dans le lac Érié, qui touche l’Ontario au Canada ainsi que le Michigan, l’Indiana, l’Ohio, la Pennsylvanie et l’État de New York aux États‑Unis.

Cependant, nous sommes prêts à lutter contre cet excès de vase, compte tenu de notre récente expérience et des nouvelles connaissances scientifiques issues de la Priorité de l’écosystème du lac Érié (PELE).

Le projet de la CMI, aussi appelé PELE, a mobilisé des dizaines de scientifiques des deux pays, qui ont fourni des avis scientifiques et stratégiques afin de réduire les charges en nutriments et les proliférations d’algues nuisibles. Le résultat du projet est la « Cure minceur pour le lac Érié : réduire les charges de phosphore et les proliférations d’algues nuisibles ».

Le rapport porte sur la diminution de la qualité de l’eau du lac Érié au cours des dix dernières années. La détérioration de la qualité de l’eau a eu des répercussions sur la santé de l’écosystème, sur l’approvisionnement en eau potable, les pêches, les activités récréatives et le tourisme, et la valeur des propriétés.

Les algues étant nuisibles, on peut lutter contre leur présence de 16 façons.

Ce chiffre fait référence à une série de recommandations de la « cure minceur ».

Les auteurs du rapport ont établi des charges cibles pour la réduction du phosphore afin de réduire les charges de nutriments provenant de sources agricoles et urbaines et de renforcer la surveillance et la recherche. Nous voulons éviter de tout recommencer dans quarante ans, dans la mesure du possible.

Vous avez probablement entendu parler du phosphore, car il est utilisé comme engrais à pelouse. Le phosphore peut faire verdir votre pelouse, mais peut aussi ruisseler à la surface des allées d’autos, des parcs de stationnement et des champs, et surfertiliser un plan d’eau.

En termes clairs, c’est ce qui s’est produit dans le lac Érié. Une trop grande quantité de nutriments est nuisible au lac. Et les algues sont revenues, en partie, parce que le lac Érié est différent du lac qu’il était dans les années 1970, en raison de la présence de nouveaux agents stressants comme les espèces envahissantes (moule zébrée et moule quagga) et les changements climatiques (qui ont fait augmenter la température de l’eau). 


Plan rapproché d’algues bleu‑vert
Microcystis dans la baie Maumee, au lac Érié. Crédit : NOAA.

Les précipitations plus intenses, en particulier au printemps, ont contribué aussi au ruissellement excessif des nutriments de sources agricoles ou urbaines.

Le public a eu, et a encore, un rôle à jouer dans la réussite de ce projet.

Les commentaires du public ont aidé à améliorer la « cure minceur » et les recommandations qui l’accompagnent.

Et si l’on veut que l’état du lac cesse de se détériorer, il nous faut l’appui du public.

La majeure partie des apports en phosphore du lac Érié provient de sources diffuses comme la construction, l’exploitation forestière et, en particulier, l’agriculture.

Les administrations, allant du gouvernement fédéral aux administrations locales, doivent réoutiller les programmes environnementaux afin de mettre l’accent sur la réduction du « phosphore réactif dissous » – la forme de phosphore la plus facilement absorbée comme carburant pour les proliférations d’algues.

Les États doivent interdire l’épandage d’engrais et de fumier à base de phosphore sur le sol gelé, ou sur le sol couvert de neige. De plus, l’interdiction d’utiliser du phosphore comme engrais à pelouse résidentielle qui a été mise en place par certaines instances devrait s’étendre à l’ensemble du bassin.

Les cités et les villes doivent investir dans les « infrastructures vertes » comme les milieux humides artificiels qui gèrent et filtrent les eaux pluviales plutôt que de les envoyer dans les drains, d’où elles sont déversées dans les cours d’eau qui mènent au lac Érié.

La « cure minceur » est maintenant entre les mains des dirigeants canadiens et américains.

Dans le cadre de la PELE, d’autres travaux seront menés cette année et l’an prochain afin d’examiner les effets des algues toxiques sur la santé humaine; les modèles informatiques permettant de mieux prédire l’exportation de nutriments vers le lac; et les incidences économiques des proliférations d’algues.


Image satellitaire MODIS du lac Érié en octobre 2011, qui montre une prolifération d’algues. Crédit : NOAA Coastwatch.

 

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