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Moins d’algues dans le lac Érié d’ici 2015

IJC admin | 2012/11/09

Est-ce une illusion? Une ambition, plutôt.

La CMI axe sa Priorité écosystème du lac Érié (PELE) sur les proliférations d’algues. La Commission compte formuler des recommandations aux gouvernements du Canada et des États‑Unis en vue d’obtenir une réduction mesurable des charges de phosphore réactif dissous (PRD) et des algues d’ici la fin de 2015.

Voilà un objectif qui en vaut la peine. En 2011, le lac Érié a été envahi par les plus grandes fleurs d’eau d’histoire récente. Ces efflorescences d’algues, provoquées en partie par les apports de phosphore au lac, empirent constamment depuis dix ans. Au point que la marée verte se voit maintenant de l’espace.

photo lake erie algae satellite

 

Photographie satellite montrant l’étendue d’une prolifération d’algues nuisibles dans le lac Érié en 2011.

Plus tôt cette année, les commissaires ont décidé de s’attaquer en priorité aux algues, sur une période de trois ans, en application de l’Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs conclu entre les deux pays.

Le phosphore est un élément nutritif qui se retrouve un peu partout, des engrais aux eaux usées. En trop grande quantité, il entraîne la prolifération de plantes aquatiques, dont les algues, et la fermeture des plages au public, en raison des bactéries que contiennent les algues.

L’Accord relatif à la qualité de l’eau de 1972 fixait des cibles en matière de phosphore pour le lac Érié. Ces cibles sont aujourd’hui atteintes, mais il faudra sans doute les revoir.

L’Accord de 1972 a fixé des objectifs de charge de phosphore et limité les rejets en provenance des stations d’épuration des eaux usées. Néanmoins, il peut rester du phosphore dans les sédiments du lac Érié et de ses affluents.

Par ailleurs, l’écosystème du lac a été modifié ces dernières décennies par des espèces envahissantes comme les moules zébrées et les moules quagga, qui augmentent la biodisponibilité du phosphore en raison de la façon dont les mollusques filtrent l’eau. Sans compter les changements climatiques – l’eau qui réchauffe et la période estivale qui allonge viennent épaissir le brouet d’algues.

La Priorité écosystème du lac Érié en ce qui touche les algues se décline en trois temps : examiner l’état actuel des connaissances scientifiques, examiner les politiques et les programmes pour s’attaquer au problème et examiner l’impact socioéconomique des algues sur des secteurs importants comme la pêche, les loisirs et le tourisme.

Des groupes de travail composés de scientifiques canadiens et américains tâcheront de discerner, probablement à l’échelle des bassins versants de la région, les caractéristiques à l’origine des plus grosses charges de phosphore. Ils rechercheront les lacunes dans les données et considéreront la mesure dans laquelle les pays surveillent bien les apports au lac Érié.

Le public, qui a été consulté au sujet de la PELE dans le cadre de huit audiences en août et en septembre (voir la présentation en PDF), continuera d’être mis à contribution dans l’année qui vient.

D’ici le début de janvier 2013, les groupes de travail espèrent disposer d’une version préliminaire de leurs constatations à soumettre à l’évaluation par leurs pairs.

En février, la CMI compte inviter à un forum des spécialistes des administrations publiques, d’organismes privés et d’universités pour débattre des résultats et s’entendre sur les recommandations à présenter aux gouvernements.

On compte soumettre à la consultation publique un projet de rapport renfermant des recommandations à l’été de 2013, puis le présenter à un sommet sur les Grands Lacs à l’automne. Le rapport définitif devrait être remis aux gouvernements en octobre 2013.

Qu’en est‑il des autres lacs, comme les lacs Michigan et Huron, qui ont aussi leur lot de plages souillées par les algues? Les travaux de la PELE aideront à créer des modèles et des approches qui pourront être appliqués à d’autres lacs dans l’avenir.

Pour vous tenir au courant de la Priorité écosystème du lac Érié, abonnez-vous au bulletin et suivez @ErieIJC et @IJCsharedwaters sur Twitter.

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