Plan 2014 : Lac Ontario et fleuve Saint-Laurent

Sommaire

La Commission mixte internationale (CMI) gère le débit d’eau au barrage de la centrale hydroélectrique Moses Saunders depuis 1960. La gestion des débits influe sur les niveaux d’eau du lac Ontario et du Saint Laurent aussi loin en aval que le lac Saint Pierre. Les niveaux et les débits d’eau sont déterminés principalement par des facteurs naturels comme les précipitations, l’évaporation et le vent, mais l’effet de la gestion des débits d’eau a apporté des avantages substantiels à la région en réduisant les inondations, en diminuant l’érosion des rives du lac Ontario et en offrant des conditions plus favorables pour les prises d’eau, la navigation de plaisance, la navigation commerciale et la production d’hydroélectricité. Cependant, les niveaux et les débits d’eau sont gérés selon des critères élaborés il y a plus de 50 ans. Le Plan 2014 établit de nouvelles normes de gestion des niveaux et des débits d’eau fondées sur un examen approfondi des besoins présents et futurs de tous les intérêts du bassin.
 

Besoin de changement

Les changements dans la couche de glace, l’intensité accrue des tempêtes et les températures plus élevées modifient la façon dont les niveaux et les débits d’eau influent sur les collectivités riveraines, la navigation de plaisance, la navigation commerciale, l’eau potable, la production d’hydroélectricité et la santé écologique du système. Les critères de gestion de l’eau en vigueur sont fondés sur la gamme limitée d’apports d’eau au lac Ontario qui a été enregistrée entre les années 1860 et les années 1950. Les critères ont donné lieu à l’attente peu réaliste que les niveaux d’eau du lac Ontario puissent être maintenus dans un intervalle de 4 pieds (1,22 mètre). Sur une période de plus de 50 ans, y compris lors des bas niveaux de 1964-65 et des hauts niveaux du milieu des années 1970, de 1993 et de 1998, on a pu constater qu’il est impossible de garder le lac à l’intérieur de cet intervalle avec les conditions d’apport en eau qui varient grandement.
 
La santé de l’écosystème n’a pas été prise en compte dans les années 1950 lorsqu’il a été décidé de réduire artificiellement la variabilité naturelle des eaux du bassin. Des recherches poussées indiquent que les critères de régularisation ont réduit l’intervalle des niveaux d’eau au point de dégrader plus de 60 000 acres de milieux humides côtiers du lac Ontario et du cours supérieur du Saint Laurent. Ces milieux humides servent d’habitat essentiel pour des plantes, des poissons, des oiseaux et d’autres animaux indigènes. Permettre des variations plus naturelles des niveaux d’eau, tout en atténuant les extrêmes, peut aider à rétablir la santé de l’écosystème des milieux humides du lac et du cours supérieur du fleuve. 
 

Plan 2014

Après un examen approfondi de différents plans, la Commission a conclu que le Plan 2014 offrait la meilleure possibilité de contrecarrer certains dommages tout en équilibrant les utilisations en amont et en aval et en conservant pratiquement toutes les mesures d’atténuation des dommages côtiers offertes par le plan en vigueur. 

Le Plan 2014 intègre les nombreuses connaissances acquises dans le cadre d’une étude déterminante sur cinq ans de la CMI peaufinées grâce à des analyses additionnelles réalisées par des spécialistes américains et canadiens et grâce à d’importantes contributions des gouvernements du Québec, de l’Ontario et de l’État de New York ainsi que des administrations municipales, des gouvernements autochtones et de nombreux intérêts qui dépendent du fleuve Saint Laurent et du lac Ontario, dont le transport des marchandises, la pêche, les loisirs, les riverains et l’environnement.

Le Plan 2014 vise à permettre des variations plus naturelles des niveaux d’eau du lac Ontario et du fleuve Saint Laurent. Il comprend également des niveaux déclencheurs élevés et bas pour le lac Ontario en fonction de la nature saisonnière des apports d’eau. Lorsque les niveaux d’eau excèdent les niveaux
déclencheurs, les débits peuvent être fixés de façon à aider le plus possible les intérêts touchés, et de s’écarter du plan de régularisation.

En amont du barrage, le Plan 2014 entraînera une plus grande variabilité des niveaux d’eau sans causer trop de changements dans l’intervalle de fluctuation des niveaux. En aval, dans le cours inférieur du fleuve Saint Laurent, la variabilité des niveaux d’eau ne changera pas de façon importante avec le Plan 2014 comparativement au plan en vigueur. Le Plan 2014 aura des effets positifs sur la santé de l’écosystème, atténuera les niveaux d’eau extrêmement élevés et bas, permettra de mieux conserver des niveaux d’eau favorables à la navigation à l’échelle du système, prolongera fréquemment la saison de navigation de plaisance et augmentera légèrement la production d’hydroélectricité. Il est également à noter qu’une variation interannuelle plus naturelle accrue des niveaux d’eau améliorera la santé de l’écosystème. De plus, des habitats prospères en milieux humides permettront les activités récréatives de grande importance et le filtrage des eaux de ruissellement polluées et agiront en tant qu’aires d’alevinage et d’élevage pour les poissons et les animaux sauvages.

Chaque plan de régularisation apporte un certain équilibre dans la gestion des répercussions des fluctuations des niveaux d’eau qui touchent tous les intérêts dans le bassin. Étant à l’écoute des gens du bassin depuis de nombreuses années, la CMI est convaincue que le Plan 2014 est le meilleur plan possible pour l’ensemble des intérêts qui dépendent du système du lac Ontario et du Saint Laurent, au Canada et aux États Unis.