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Examen de l'Accord
 

Réunion biennale de la CMI à Kingston (Ontario)
les 10 et 11 juin 2005

Notes au sujet de l'atelier sur la Vision de l'intégrité des Grands Lacs

Voici un sommaire des deux séances de discussion en petits groupes sur le thème Vision de l'intégrité des Grands Lacs qui se sont déroulées à la Réunion biennale sur la qualité de l'eau dans les Grands Lacs à Kingston, en Ontario, de 14 h à 16 h le 10 juin 2005 et de 10 h 30 à 12 h 30 le 11 juin 2005. Le sommaire a été rédigé par le personnel de la CMI. Six exposés ont été présentés par les conférenciers dont les noms figurent ci-dessous. Les diapositives, résumés et communications fournis par les conférenciers ont été versés au dossier des consultations publiques de la CMI sur l'examen de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs (AQEGL).

Vendredi 10 juin 2005

  1. Michael Bradstreet, Conservation de la nature Canada, et John Andersen, The Nature Conservancy.
  2. Henry Regier, Université de Toronto, et Andy Buchsbaum, National Wildlife Federation.

Samedi 11 juin 2005

  1. Jennifer Nalbone, Union Saint-Laurent, Grands Lacs (USGL).
  2. Rick Findlay, Pollution Probe.
  1. Une version révisée de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs (AQEGL) doit faire fond sur une vision d'intégrité qui englobe :
  • une vision générale qui orientera les activités au cours des 25 prochaines années;
  • la protection de l'intégrité de l'écosystème pour les générations futures;
  • une meilleure prise en considération de toutes les composantes de l'écosystème du bassin des Grands Lacs (intégrité biologique, physique et chimique), y compris la biodiversité et l'habitat, et non seulement les substances chimiques;
  • une meilleure prise en considération des zones côtières et des affluents, et non seulement des zones de pleine eau (eaux libres);
  • la restauration de la capacité filtrante des terres; elle devrait inclure un volet recherche pour cibler les endroits où les milieux humides doivent être remis en état;
  • le rétablissement et le maintien de l'intégrité des fonctions de l'écosystème, des processus qui s'y déroulent et des liens qui le caractérisent, et non seulement de l'intégrité de chacune des composantes de l'écosystème;
  • le rétablissement et le maintien de la résilience de l'écosystème. La résilience s'apparente au système immunitaire d'un organisme et se rapporte à l'utilisation durable. Lorsque son « système immunitaire » est intact, l'écosystème peut soutenir un certain niveau de stress exercé par les activités humaines sans s'effondrer;
  • la prise en considération des services que fournit un écosystème intact pour répondre aux besoins des populations humaines.
  1. L'examen prochain de l'AQEGL offre une occasion unique de se pencher sur les grands problèmes et de soutenir une vision plus globale de l'intégrité des Grands Lacs :
  • Les initiatives stratégiques, dont le processus de l'annexe de 2001, la Collaboration régionale pour les Grands Lacs et l'examen de l'AQEGL, créent une confluence très propice à la réorientation de la politique sur les Grands Lacs.
  • Les percées scientifiques sur le fonctionnement de l'écosystème des Grands Lacs peuvent aussi converger en faveur de l'intégration d'objectifs écosystémiques généraux dans un AQEGL révisé :
    • l'effondrement de l'écosystème est caractérisé par des réactions d'ensemble aux interactions de stresseurs multiples;
    • sous l'effet de stresseurs multiples, l'écosystème peut arriver à des « points de bascule » où les changements sont irréversibles.
  • Ces percées scientifiques sont l'occasion de renseigner les citoyens et les décideurs de façon cohérente (plutôt que de leur fournir la liste habituelle des problèmes qui sévissent depuis des décennies) :
    • nous devons renforcer le « système immunitaire » de l'écosystème du bassin des Grands Lacs et rétablir les fonctions naturelles des zones littorales et des communautés côtières;
    • il est urgent d'intervenir maintenant et d'éviter des catastrophes écologiques qui pourraient déjà survenir au cours des cinq à dix prochaines années.
  • Le classement, par l'organisme The Nature Conservancy, des sites prioritaires sur le plan de la biodiversité fournit la base nécessaire pour l'élaboration d'un projet binational de conservation des Grands Lacs;
    • bien que The Nature Conservancy ait répertorié les meilleurs sites qui subsistent, il est essentiel d'élaborer des stratégies pour restaurer les zones qui sont dans un état intermédiaire, ni intactes ni complètement aménagées.
  • Il est impératif de revoir les politiques en matière de transport. Le Canada a mis son système de transport en veilleuse. Le transfert d'unités de transport intermodal de navires sur la côte Est à des trains, puis à des camions à destination, peut être plus économique et moins dommageable pour l'environnement que de faire cheminer des marchandises dans la région par navire ou par camion.
  • Il faut procéder à un examen des politiques énergétiques, y compris un examen du cycle des combustibles nucléaires qui soit transparent et à l'abri de toute ingérence politique.
  • Mais nous devons nous concentrer sur quelque chose de plus concret que l'intégrité de l'écosystème. Si les problèmes ont des causes multiples, alors tout est interrelié. Les évaluations socioéconomiques sont celles qui comportent le plus d'impondérables et elles fournissent des réponses différentes de celles fournies par les évaluations environnementales.
    • Comment pouvons-nous résoudre les problèmes en s'attaquant à un seul aspect à la fois? Nous devons tenir compte de tous les aspects pertinents.
  • Nous devons trouver des façons de mettre l'accent sur des solutions systémiques, par exemple des systèmes de fabrication en boucle fermée, de nouveaux moyens de transport, des politiques fiscales et l'examen collectif de nos valeurs.
  1. L'examen prochain de l'AQEGL doit prendre en considération les principaux stresseurs de l'écosystème du bassin des Grands Lacs.
  • Principaux stresseurs susceptibles de provoquer l'effondrement de l'écosystème :
    • les espèces exotiques;
    • la surpêche;
    • les substances chimiques toxiques;
    • les changements d'utilisation des terres;
    • les nutriments;
    • les changements des paramètres hydrauliques de l'écoulement dans les eaux souterraines, les affluents et les lacs.
  • Principaux stresseurs de la diversité biologique :
    • la destruction de l'habitat;
    • la modification du régime hydrologique;
    • les espèces aquatiques envahissantes.
  • Problèmes à l'échelle planétaire, comme les changements climatiques.
  • Population humaine dans le bassin des Grands Lacs : peut-elle être réduite?
  • Consommation des ressources par habitant : si la consommation diminuait de façon sensible, le facteur démographique aurait moins d'impact.
    • Mais les gens sont-ils prêts à faire les choix qui s'imposent, à se passer de voitures ou d'ordinateurs?
    • Nous devons trouver de meilleures façons de gérer notre économie, sans faire de compromis. Notre santé ne souffre pas de compromis.
  1. L'examen de l'AQEGL devrait prendre en considération divers enjeux d'ordre institutionnel et enjeux liés aux programmes :
  • La CMI doit participer à l'examen de l'AQEGL pour maintenir les liens entre les institutions et les enjeux.
    • La CMI n'est peut-être pas l'organisme approprié pour élaborer une vision binationale. Il faudrait peut-être revoir en profondeur les liens qui unissent les institutions de nos deux pays. Une vision commune favoriserait des échanges constructifs entre les organismes.
    • Une approche holistique de la gouvernance pourrait être propice à l'adoption d'une démarche écosystémique.
  • La Collaboration régionale pour les Grands Lacs aborde de façon ascendante l'établissement d'un plan d'action. Mais quelle place fait-elle au Canada?
  • Il faut insister sur l'importance vitale de la surveillance à long terme et de l'analyse des tendances.
  • Il faut évaluer régulièrement les progrès accomplis et les obstacles à la mise en oeuvre de l'AQEGL.
  • Nous devons trouver des façons efficaces de mesurer les progrès accomplis. La protection de l'environnement est le seul grand secteur stratégique sur lequel nous agissons collectivement sans demander aux pouvoirs publics d'assurer un suivi.
  • Il faut avoir la latitude de tenir compte des régions situées en aval de la section internationale du fleuve Saint-Laurent.
  1. La vision de l'intégrité des Grands Lacs devrait également mettre l'accent sur les mesures à prendre en priorité pour la concrétiser, c'est-à-dire :
  • élaborer des politiques pour prévenir l'introduction d'espèces envahissantes, notamment des normes concernant les rejets d'organismes vivants, des protocoles relatifs aux pratiques de gestion optimale et des listes noires d'espèces indésirables;
  • mettre rapidement au point une méthode de traitement des eaux de lest à bord des navires et l'appliquer; de cette manière, on pourrait réduire de 60 % l'introduction d'espèces enhavissantes en moins de deux ans;
  • protéger les 20 écosystèmes côtiers de qualité supérieure;
  • investir considérablement dans les programmes d'éducation et de communication pour inciter la population à changer ses habitudes; mettre l'accent sur les liens entre les humains et la qualité de l'eau; les résidants aiment leurs terres et en sont les meilleurs gardiens;
  • envisager d'élaborer un programme d'éducation aux ressources aquatiques des Grands Lacs, y compris des travaux pratiques sur le terrain et en laboratoire, qui s'adresse en particulier aux jeunes. Un programme de dissection de poissons d'une journée pour les fonctionnaires fédéraux stimulerait l'action gouvernementale.

 

 

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