Commission mixte internationale
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Examen de l'Accord
 

Succès et défis liés à l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs

Les deux pays ont accompli des progrès considérables pour contrer les dommages chimiques, physiques et biologiques infligés à l'écosystème des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Ils ont déployé des efforts énormes pour assainir les lacs et les protéger de la pollution, et tous les paliers de gouvernement ont consacré des milliards de dollars à cette fin. Les industries ont fait des avancées spectaculaires pour modifier leurs procédés et leurs produits et dépolluer les zones contaminées. Les municipalités, souvent avec l'appui d'autres instances, ont amélioré les installations de traitement de l'eau et des eaux usées dans tout le bassin, notamment dans les premières étapes de la mise en ouvre de l'Accord. Des groupes communautaires et environnementaux ont travaillé sans relâche pour suivre les progrès et amélioré l'état des Grands Lacs et le Saint-Laurent.

Les réalisations ont été nombreuses, mais il reste encore beaucoup à faire pour remplir la mission de l'Accord, soit rétablir intégralement et préserver la qualité de l'eau dans les Grands Lacs. Les gouvernements ont établi des objectifs spécifiques et élaboré des critères et des règlements pour les atteindre, mais des percées importantes dans les domaines de la modélisation informatique, de la biologie et des sciences de l'environnement ont révélé que les mesures prises par le passé ne permettent de protéger adéquatement les populations vulnérables d'êtres humains, de poissons et d'animaux sauvages. Les réductions de la charge de phosphore et des apports de substances toxiques persistantes, comme les BPC et le DDT, en sont de bons exemples.

Phosphore
Substances toxiques persistantes
Plans d'assainissement et secteurs préoccupants
Coûts des mesures de restauration dans les secteurs préoccupants des Grands Lacs

Phosphore

Dans les années 1960, la prolifération des algues dans les Grands Lacs a eu des impacts négatifs sur la qualité de l'eau. Le Canada et les États-Unis ont alors mis en ouvre d'ambitieux programmes visant à réduire les apports de phosphore de sources ponctuelles municipales et industrielles, ainsi que de sources diffuses, comme le ruissellement des terres agricoles et les rejets d'eaux pluviales urbaines. L'adoption de nouvelles pratiques culturales, la promotion de détergents exempts de phosphore et la modernisation des stations de traitement des eaux usées et des réseaux d'égout ont contribué à abaisser les charges de phosphore. Ainsi, les concentrations moyennes de phosphore mesurées au large dans les lacs Supérieur, Michigan, Huron et Ontario sont égales ou inférieures aux niveaux prévus. Dans les trois bassins du lac Érié cependant, elles fluctuent d'une année à l'autre et sont souvent supérieures aux seuils établis. Dans les lacs Ontario et Huron, certaines zones situées au large ou près des rives ainsi que certaines baies présentent des concentrations élevées de phosphore qui favorisent la prolifération d'algues nuisibles. À ce jour, on n'a trouvé aucune solution pour gérer efficacement les nutriments.

Substances toxiques persistantes

Les gouvernements ont adopté une politique d'élimination quasi totale (ou virtuelle) des apports de substances toxiques persistantes dans les Grands Lacs. La Stratégie binationale relative aux toxiques, établie en 1997, a instauré des partenariats novateurs dans les secteurs des soins de santé, de l'énergie et de la fabrication, dans les secteurs gouvernemental et non gouvernemental, et dans d'autres secteurs. Grâce à diverses initiatives et programmes nationaux spécifiques aux Grands Lacs, les deux gouvernements ont réalisé des progrès considérables vers l'atteinte de ce but. Par exemple, les deux pays ont prélevé des échantillons de tissu de touladi dans les lacs Supérieur, Michigan, Huron et Ontario et des échantillons de tissu de doré jaune dans le lac Érié pendant plusieurs années afin d'en mesurer la teneur en biphényles polychlorés (BPC) totaux et en DDT total. Les résultats d'analyse de poissons pêchés en 2000 révèlent que la situation s'est beaucoup améliorée (voir la figure ci?dessous). Toutefois, des substances toxiques persistantes provenant de sources ponctuelles et diffuses continuent d'être introduites dans ces lacs, et des avis aux consommateurs de poisson sont toujours émis pour chacun des Grands Lacs et de leurs tributaires.

Variation des concentrations de DDT et de BPC (en pourcentage)

Plans d'assainissement et secteurs préoccupants

Les mesures d'assainissement mises en ouvre dans les secteurs préoccupants (SP) constituent des étapes importantes pour rétablir et préserver la qualité de l'eau et, par conséquent, l'environnement. Malgré des progrès encourageants, 41 des 43 SP doivent faire l'objet d'autres interventions et activités de surveillance. En 2003, la Commission a rendu public un rapport spécial sur les SP qui fait le point sur les activités de restauration menées dans ces secteurs (voir http://www.ijc.org/php/publications/html/aoc_rep/
francais/report/index.html
. Selon ce rapport, il est primordial d'améliorer l'infrastructure d'assainissement des eaux usées et de procéder à la décontamination des sédiments. Les sommes dépensées à ce jour et les coûts estimatifs des mesures d'assainissement projetées renseignent sur ce qui a été fait et sur ce qu'il reste à faire.

Les activités de restauration menées dans les SP et dans les lacs sont entravées par la présence de nouveaux agents chimiques ou biologiques, comme l'éther diphénylique polybromé et les espèces aquatiques envahissantes. Ces problèmes et d'autres limitent notre capacité collective à établir des échéanciers pour restaurer complètement les SP et les lacs. Il sera difficile de réduire davantage les concentrations de substances toxiques persistantes en raison de leur utilisation dans d'autres pays, de leur transport atmosphérique à grande distance et de leur dépôt subséquent dans le bassin des Grands Lacs. Des quantités résiduelles subsisteront dans les sédiments contaminés; en outre, comme elles sont toujours utilisées à des fins domestiques et transportées sur la terre ferme, ces substances continueront d'aboutir dans les lacs. Dans certains secteurs, il faudra miser sur la régénération naturelle pour éliminer les sédiments contaminés, régénération qui peut prendre de 10 à 80 ans, voire plus longtemps.

 

 

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